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Nouveau règlement sur les shoebox : des propriétaires déçus

Immobilier, Politique
shoebox
L’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie compte 561 maisons de type shoebox sur son territoire. De ce nombre, 158 présentent une haute valeur architecturale (niveau 3). (Photo : Lindsay-Anne Prévost)

Les propriétaires de maisons de type « shoebox » n’ont pas connu les dénouements espérés lors du premier conseil d’arrondissement de 2019.

Le nouveau projet de règlement, adopté en deuxième lecture hier soir à la suite d’un reclassement des valeurs architecturales de ces petites maisons à un étage et au toit plat, n’a pas suscité la réjouissance des propriétaires.

Un nouveau projet de règlement plus contraignant

À prime à bord, la nouvelle proposition offre une plus grande proportion de maisons ayant une valeur architecturale de valeur 1 (avec le moins de caractéristiques d’intérêt) et moins de maisons ayant une valeur de 3 (avec le plus de caractéristiques d’intérêt).

Si ce reclassement était censé offrir aux propriétaires une plus grande souplesse dans leurs projets de rénovation en fonction de l’intérêt architectural de leur domicile tout en protégeant le patrimoine de ces résidences qui datent de l’époque ouvrière, il semble finalement poser plus de limitations qu’attendu par les acquéreurs. 

« Par exemple, qu’elles soient reclassées ou non, 100 % des maisons shoebox se verront interdire la possibilité d’ajouter une mezzanine et 50 % d’entre elles seront encore contraintes d’opérer un retrait minimal de 1 mètre pour l’ajout d’étages. Et ce, même si leur façade présente un faible intérêt architectural. Tout cela reste confus et même incohérent », déplore Solen Poirier, propriétaire d’une shoebox dans le district St-Édouard, dans un communiqué envoyé peu de temps après la tenue du conseil d’arrondissement.

Afin de protéger la typologie des shoebox à haute valeur architecturale, le nouveau projet de règlement interdit également la possibilité d’avoir plus d’un logement pour les bâtiments de niveau 3. « Certains propriétaires ont des projets de développement qu’ils vont devoir abandonner du jour au lendemain pour ce qui apparaît comme un caprice de dernière minute », s’indigne Tomas Dorta, propriétaire d’une shoebox dans le secteur Marie-Victorin. Selon les chiffres du regroupement de Propriétaires de shoebox de Rosemont-La Petite-Patrie, cette nouvelle limitation toucherait 28 % des propriétés de ce type.

Protéger le patrimoine des shoebox

La conseillère d’arrondissement du Vieux-Rosemont, Christine Gosselin, a rappelé lors de la séance que le projet de règlement vise à protéger la mémoire et l’histoire de ces demeures qui parsèment le paysage montréalais. « Nous avons fait face à une demande de préserver les shoebox de valeur exceptionnelle, de façon encore plus contraignante. […] Nous avons décidé que la chose la plus sage à faire était que ces maisons restent unifamiliales parce que leur typologie fait partie du patrimoine que nous voulons conserver », a-t-elle expliqué devant la vingtaine de propriétaires qui ont assisté au conseil pour faire valoir leur inquiétude.

Selon le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau, seulement deux demandes d’ajout de logements ont été présentées au cours de la dernière décennie sur plus de 200 demandes de démolition ou de rénovation de shoebox. « C’est pour ça que, dans le cas qui nous concerne et au cours des discussions qu’il y a eu autour de la table, il y a eu consensus autour de la préservation de la maison unifamiliale exceptionnelle », a-t-il indiqué. 

Le maire a également souligné que certaines habitations sont désormais libérées des contraintes posées par l’ancienne répartition, telles que les maisons qui ont régressé de catégorie 2 à catégorie 1. « Vous pouvez la démolir et construire trois unités de logement », a-t-il répondu à un citoyen qui se questionnait sur les répercussions d’être passé d’une résidence de valeur moyenne à minimale.

D’autres développements à suivre

Les propriétaires de shoebox de Rosemont-La Petite-Patrie se réuniront cette semaine pour faire le point sur la situation et envisager les prochaines étapes. « Encore beaucoup de questions demeurent sans réponse, comme à savoir si un soutien financier sera disponible pour permettre aux propriétaires de répondre aux nouvelles exigences réglementaires lors de leurs projets de transformation ou d’amélioration de leur maison. Ou encore, de quelle façon la perte de valeur anticipée par plusieurs sera compensée », indique Bernard Jacques, propriétaire d’une maison de ce type dans St-Édouard.

Malgré les déceptions, Christine Gosselin décrit le projet de règlement comme « un défi d’équilibre ». « Il y a une demande d’être plus restrictif et à la fois une demande d’être plus permissif, dépendamment de l’intérêt de chacun », dit-elle en entrevue au journal La Petite-Patrie.

La conseillère a conclu le débat en précisant qu’il est toujours possible de faire une demande pour un projet particulier, à la condition que l’intégrité de la façade soit toujours respectée.

Ancien classement/Nouveau classement des maisons de type shoebox suite au nouveau projet de règlement

Crédit : Arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie

Vous pouvez retrouver l’ordre du jour et le sommaire décisionnel ainsi que la rediffusion du conseil sur le site de l’arrondissement.

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