Publicité

L’école de langue italienne PICAI menacée de fermeture

Éducation
PICAI
L’école de langue italienne PICAI accueille plus de 1000 élèves à travers ses 12 établissements du Grand Montréal. (Photo : Lindsay-Anne Prévost)

La Petite-Patrie risque de perdre l’une de ses seules écoles de langue et de culture italienne. L’organisme PICAI, situé sur l’avenue Christophe-Colomb, a dû se résigner à suspendre ses activités cette semaine pour une durée indéterminée suite à une absence de financement de la part du gouvernement italien.

Selon le directeur de PICAI, Aloisio Mulas, la subvention de 94 000 euros (l’équivalent de 140 000 $ CAN) de la part des autorités italiennes pour l’année 2019 se fait toujours attendre malgré plusieurs relances auprès du consulat d’Italie. « Leur réponse était ambiguë. Ils nous ont dit qu’ils attendent des renseignements et des informations de la part du gouvernement italien. Est-ce qu’on va recevoir la subvention ? Il n’y a rien qui dit qu’on ne la recevra pas, mais il n’y a rien qui dit qu’on la recevra non plus », témoigne M. Mulas en se disant plongé dans l’incertitude.

Puisque la poste était toujours vide le 31 décembre dernier, alors que le chèque a l’habitude d’arriver dans les environs du mois d’août, les responsables de l’établissement ont fait le choix de suspendre leurs activités au début de janvier, et ce, jusqu’à nouvel ordre pour leurs 12 établissements situés dans le Grand Montréal.

Comme les cours offerts visent à faire la promotion de la culture italienne, les fonds dépendent du gouvernement italien. En ce sens, les élus locaux ne peuvent octroyer le financement nécessaire pour sauver l’école qui accueille de nombreux Québécois désireux d’apprendre la langue de Dante. « Ce sont des cours qui sont pilotés, d’une certaine façon, par le gouvernement de l’Italie », précise le directeur de l’organisme, qui offre notamment des bourses à ses étudiants pour des séjours linguistiques à l’étranger ainsi que du soutien aux écoles publiques et privées intéressées à un programme d’échanges culturels.

La communauté italienne se mobilise

Selon Aloisio Mulas, plusieurs organismes de la communauté italienne de Montréal se sont mobilisés dans les dernières semaines afin de faire pression sur le gouvernement italien.

Une pétition circule également sur le web sous le mot-clic #SavePicai (#SauvonsPicai). « Leurs contributions nous permettent d’éduquer les Canadiens sur la culture et la langue italienne. Ce financement est également nécessaire pour recruter les enseignants et louer des emplacements où ces cours peuvent être donnés », peut-on lire dans la présentation de ladite pétition, qui a récolté à ce jour plus de 2 400 signatures.

Sur la page, plusieurs parents décrivent l’école comme un établissement qui permet de transmettre leur langue maternelle aux nouvelles générations et donc de la préserver. De plus, le fait que l’organisme soit piloté par le gouvernement de l’Italie lui donne l’occasion de donner des cours à un coût inférieur à ceux offerts ailleurs, ce qui permet ultimement de démocratiser la langue italienne auprès de tous les types de revenus.

L’école PICAI célébrera ses 50 ans cette année si elle en vient à reprendre ses activités.

Vos commentaires
loading...