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Un disquaire au temps du numérique

Économie, Vie de quartier
Le Vacarme
Le Vacarme s’est trouvé une place de choix dans La Petite-Patrie, au 6250, rue Saint-Hubert. (Photo : Vespa/Shutterstock)

S’installer sur une artère en chantier et vendre des disques à une époque où les consommateurs optent pour le numérique. Une idée folle? Pas pour le fondateur du Vacarme, nouveau disquaire qui vient d’ouvrir ses portes sur la Plaza Saint-Hubert.

(Photo : Lindsay-Anne Prévost)

C’est que le monde du fondateur de la boutique, Jean-François Rioux, a toujours tourné autour de l’industrie de la musique.

D’abord comme éditeur d’un magazine spécialisé, puis comme disquaire et finalement comme membre du festival de musique du Salon du disque et des arts underground et du festival Diapason. Bref, un as de la musique qui a décidé d’adopter le quartier.

« Quand j’ai quitté le [festival] Diapason, je me suis dit que j’allais changer de domaine et j’ai suivi un cours en lancement d’entreprises. Comme ça prenait un projet, je me suis essayé comme disquaire », raconte le fondateur. C’est ainsi qu’il a eu l’idée de fonder Le Vacarme, qui a existé exclusivement en ligne pendant un an. « Ça allait bien, malgré que c’est plus difficile en ligne avec l’arrivée d’Amazon », explique-t-il. 

Bien que les affaires allaient bon train, son désir de rompre avec la solitude et son envie de partager ses nombreuses connaissances musicales l’ont mené à trouver pignon sur rue dans La Petite-Patrie. D’autant plus que le vinyle connaît un nouvel essor auprès du public. « Je pense qu’il va toujours y avoir une clientèle. Il y a de plus en plus de jeunes dans la vingtaine qui commencent à acheter des disques. Il y en a beaucoup qui veulent découvrir ce genre d’écoute », témoigne Jean-François Rioux.

De l’underground aux grands classiques comme Metallica, les Beatles et Velvet Underground, le disquaire offre aussi bien des nouveautés que des vinyles usagés. « J’essaie de faire une très grosse place aussi à la scène locale », souligne le fondateur du Vacarme, qui bénéficie de contacts privilégiés lui permettant de vendre quelques exclusivités et d’accueillir des performances au sein de son magasin. Ainsi, les consommateurs pourront tout autant retrouver Safia Nolin et le nouvel album rock garage de Pierre Lapointe que des groupes cultes de l’étranger.

Le vinyle, similaire à un bon vin

(Photo : Lindsay-Anne Prévost)

Le nouveau disquaire bénéficie d’un emplacement de choix, au coin de la rue de Bellechasse, ce qui lui permettra de s’épargner une bonne partie des désagréments engendrés par la revitalisation de la Plaza. « Ça me permet d’avoir une échappatoire. Je ne suis pas pris dans le milieu. En même temps, si tu veux vraiment aller à un endroit, tu vas y aller même s’il y a de la construction » fait valoir l’entrepreneur, qui conserve néanmoins une partie de ses activités sur le web.

D’ailleurs, aussitôt arrivé, aussitôt les liens soudés avec ses voisins du Idol, du Convive Café et du Medley Simple Malt. « On commence déjà à trouver des idées pour garder un achalandage malgré les rénovations », souligne-t-il.

Et surtout, il conserve l’espoir que l’achat de vinyles et de disques continuera de durer à travers le temps, comme le plaisir pour les amateurs de boire un bon verre de vin, illustre-t-il. « Il y a un moment pour chaque écoute, dit-il. Écouter un vinyle n’est pas la même chose que d’écouter du stream, c’est une expérience différente. » En tant que disquaire, il espère pouvoir trouver la musique adaptée à chacun de ces moments.

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