Publicité

Menace sur le financement des écoles défavorisées de La Petite-Patrie

Éducation
L'école Père Marquette serait la plus touchée de la CSDM par le remaniement des fonds aux écoles défavorisées. (Photo : Jean Gagnon)
L’école Père Marquette serait la plus touchée de la CSDM par le remaniement des fonds aux écoles défavorisées. (Photo : Jean Gagnon)

La Petite-Patrie serait le quartier le plus touché de Montréal par le remaniement des fonds aux écoles défavorisées, prévu par le gouvernement du Québec.

Selon des chiffres préliminaires obtenus par Le Devoir, les écoles de La Petite-Patrie perdraient plus d’un million de dollars dans le nouveau calcul des fonds destinés aux écoles défavorisées, ce qui est bien au-dessus de la perte pour les écoles des autres quartiers de la Commission scolaire de  Montréal (CSDM).

(Source : Le Devoir ; infographie : Pamplemousse.ca)

D’après l’enquête du quotidien montréalais, les fonds destinés aux écoles défavorisées servent à l’embauche de professionnels tels qu’orthophonistes, orthopédagogues, techniciens en éducation spécialisés et pour l’aide alimentaire. Les fonds attribués à chaque école sont basés sur un indice de défavorisation, qui est calculé par le ministère de l’Éducation (MEQ) à partir des données du dernier recensement. Plusieurs variables sont examinées par le MEQ, notamment la proportion des familles dont la mère a un diplôme et la proportion des ménages dont les parents n’étaient pas à l’emploi pendant la période du recensement.

Dans La Petite-Patrie – et à l’échelle de Montréal – l’école secondaire Père-Marquette serait la plus touchée par le nouveau calcul : elle pourrait perdre jusqu’à 413 817 $ d’après les données préliminaires obtenues par Le Devoir dans une demande d’accès à l’information auprès du ministère de l’Éducation. Selon le classement des écoles secondaires privées et publiques du Québec effectué par l’institut Fraser, l’école secondaire Père-Marquette a un taux d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) de 38 %. Le nouvel indice à la défavorisation viendrait alors diminuer les ressources disponibles dans cette école pour encadrer ces élèves aux besoins particuliers.

(Source : Le Devoir ; infographie : Pamplemousse.ca)

Des indicateurs contestés

Le député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, a vivement critiqué cette annonce. Sa formation politique, Québec solidaire (QS), presse par ailleurs le gouvernement de revoir le mode d’attribution de ces fonds, car, selon QS, les critères pour les octroyer sont désuets. « Il faut revoir tout le processus, à commencer par la manière dont on calcule la “défavorisation” d’un quartier ou d’une école. Le visage de la pauvreté à Montréal a changé, et le ministère de l’Éducation doit moderniser ses paramètres de calcul », détaille M. Nadeau-Dubois dans un communiqué.

Le mouvement de parents Je protège mon école publique dénonce dans un communiqué le manque de moyens et de services professionnels dans les établissements scolaires publics. Il critique le calcul des indices de défavorisation, qui « évalue mal les zones de pauvreté dans le territoire d’une école, et comptabilise toutes les familles, qu’elles fréquentent l’école de quartier ou aient opté pour l’école privée ». Pascale Grignon, porte-parole du mouvement, rappelle par ailleurs que l’embourgeoisement d’un quartier ne fait pas disparaître les populations vulnérables qui y vivent.

Contactée par Pamplemousse.ca, la CSDM précise que ces données sont encore préliminaires et qu’elle compte demander au MEQ « un plan financier de transition de 3 ans pour les écoles, actuellement 27, qui sortent des indices de défavorisation ». La CSDM souhaite aussi demander « une analyse  plus élaborée des indices des milieux socio-économiques » qui ont un impact sur l’indice de défavorisation.

Vos commentaires
loading...