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Conseil d’arrondissement : Airbnb, shoebox et ateliers d’artistes font débat

Immobilier, Politique
Un collectif de résidents de l'arrondissement a déposé la Déclaration universelle d'urgence climatique. (Photo : Pierre de Montvalon)
Un collectif de résidents de l’arrondissement a déposé la Déclaration universelle d’urgence climatique. (Photo : Pierre de Montvalon)

Le logement et l’immobilier sont revenus dans plusieurs questions des citoyens aux élus de Rosemont—La Petite-Patrie durant la séance du conseil d’arrondissement du 5 novembre dernier.

« La situation est alarmante, il y a urgence d’agir maintenant et rien ne justifie l’inaction », a affirmé Philippe Desmarais, organisateur communautaire pour le Comité logement Rosemont, en préambule d’une question posée aux élus sur Airbnb. Celui-ci a rappelé que le phénomène des locations sur cette plate-forme est présent à travers tout l’arrondissement. En effet, une étude effectuée par Radio-Canada en 2014 montre l’ampleur des locations AirBnb à Montréal, et particulièrement dans les quartiers centraux. « C’est simple, la location Airbnb est partout », a-t-il ajouté.

Alors que l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal a dévoilé récemment ses mesures afin de limiter les effets pervers des locations touristiques de type Airbnb, M. Desmarais a déploré l’attentisme de l’arrondissement sur cette question. « Pourquoi n’y a-t-il pas de moratoire sur la question? », a-t-il demandé aux élus.

Le maire de l’arrondissement, François Croteau, a souligné qu’il était déjà illégal de louer un appartement à l’année sur une plateforme de type Airbnb. Il a par ailleurs rappelé que c’est à Revenu Québec de se charger de poursuivre les contrevenants à la Loi sur les établissements d’hébergement touristique, depuis que le fisc québécois s’est vu conférer des pouvoirs d’inspection et d’enquête par le précédent gouvernement provincial.

De plus, Christine Gosselin a rappelé les difficultés d’agir contre les contrevenants à la loi sans preuve. « Prouver à la cour hors de tout doute qu’il y a exploitation commerciale par une propriétaire annonçant sur Airbnb est difficile et coûteux », a-t-elle expliqué. Pour ces raisons, l’arrondissement préfère voir comment évolue le phénomène, un temps de réflexion et d’étude nécessaire afin d’éviter de voter pour un règlement qui ne sert à rien, selon Mme Gosselin.

Par ailleurs, les élus de l’arrondissement ont mis sur la glace le projet de règlement sur les shoebox jusqu’à janvier 2019. Un comité ad hoc sera formé au cours des prochaines semaines afin d’élargir le processus aux propriétaires de shoebox, experts en urbanisme et organismes de défense du patrimoine.

Les artistes menacés?

Isabelle Guimont est une artiste et travailleuse culturelle ayant son atelier au 305 rue Bellechasse, un vieux bâtiment industriel vendu récemment à des promoteurs immobiliers. Elle est venue au conseil partager sa crainte, et celles des autres artistes occupant le bâtiment, d’une hausse des loyers forçant les occupants à devoir quitter les ateliers qu’ils occupent, faute de pouvoir. « Nous sommes dans une tendance actuelle où les artistes se font chasser de leurs ateliers », a-t-elle annoncé à l’assemblée.

Et l’artiste d’affirmer que les deux nouveaux propriétaires du bâtiment, Brandon Schiller, un héritier de la famille Schiller, et Jeremy Kornbluth sont ceux qui ont poussé le Cagibi, un café réputé dans le Mile-End, à la relocalisation dans La Petite-Patrie, après une augmentation de leur loyer de 3417 $ à 7500 $ par mois, selon les chiffres du Devoir.

Par ailleurs, un regroupement de résidents de l’arrondissement a déposé auprès des élus la Déclaration universelle d’urgence climatique, un mouvement citoyen luttant contre la crise climatique, et adoptée par la Communauté métropolitaine de Montréal.

Vous pouvez retrouver l’ordre du jour et le sommaire décisionnel ainsi que la rediffusion du conseil sur le site de l’arrondissement.

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