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Grogne chez les propriétaires de shoebox

Immobilier, Politique
Une shoebox de la rue Drolet (photo : Pierre de Montvalon)
Une shoebox de la rue Drolet (photo : Pierre de Montvalon)

Plusieurs propriétaires de shoebox déplorent les contraintes que l’arrondissement prévoit adopter pour préserver ce type de maisons.

À l’achat de sa maison shoebox dans le secteur de Marconi-Alexandra, Carlos Costa comptait procéder à plusieurs transformations, notamment à sa structure pour régler des problèmes de moisissure. « Avec le projet de règlement, je suis bloqué avec une maison avec laquelle je ne peux rien faire! », déplore-t-il.

De la même façon, Geneviève Tousignant, propriétaire d’un immeuble de ce type près du parc Molson, partage la volonté de préservation du patrimoine de l’arrondissement, mais souligne que ce projet de réglementation va à l’encontre des familles. « La réglementation est trop contraignante pour la construction d’un deuxième étage », reproche-t-elle. Mère de deux enfants et travaillant avec son conjoint à domicile, le manque de place disponible la pousse à réfléchir au déménagement. « Mais qui va vouloir acheter une maison avec tant de limitations ? », se demande-t-elle.

Regroupement

Les propriétaires de shoebox de Rosemont—La Petite-Patrie se sont regroupés au sein d’un groupe Facebook afin de faire valoir leurs revendications. Le regroupement nommé « Les propriétaires de shoebox de Rosemont—La Petite-Patrie » a fait connaître sa position sur le sujet. Si les membres reconnaissent l’importance de préserver le patrimoine de Montréal et l’héritage architectural des shoebox, ils tiennent à rappeler que ces bâtiments sont aussi des maisons où vivent des familles avec enfants.

« Nous sommes d’accord que les maisons de type shoebox constituent un patrimoine modeste et particulier de notre arrondissement, et qu’il faut limiter la spéculation et le développement immobiliers sauvages qu’elles subissent depuis quelques années. Cependant, quant aux modalités et moyens à mettre en œuvre pour y parvenir, certaines des pistes envisagées ne nous ont pas convaincus, et nous pensons que le dialogue est nécessaire pour trouver une voie de sortie équitable pour les propriétaires », explique Solen Poirier, l’une des initiatrices du regroupement et propriétaire d’une de ces habitations dans le district St-Édouard.

Pas de recours

Le regroupement de propriétaires dénonce les nouvelles normes qui régiront les futures demandes de transformation et craignent le manque de recours pour contester l’évaluation architecturale effectuée par l’arrondissement.

« La pondération utilisée [dans la grille d’évaluation] demeure subjective et il serait impossible pour un propriétaire de demander une réévaluation. Ça veut dire qu’à partir aujourd’hui, je suis captif de la cote qui vient d’être attribuée à ma maison », s’inquiète Jean-Sébastien Chouinard, propriétaire d’une shoebox dans le district Étienne-Desmarteau.

La grille d’évaluation est objective affirme pour sa part Christine Gosselin, conseillère d’arrondissement du Vieux-Rosemont : elle a été créée par des experts en urbanisme et a été approuvée par le Conseil du patrimoine de Montréal. « Il fallait procéder de manière objective, et ne pas être tributaire de l’opinion qu’a un propriétaire de son shoebox », explique-t-elle.

Concernant les réserves des propriétaires, la conseillère assure que ce sont des « craintes partagées », et que les citoyens auront des réponses à leurs questions. « Nous allons ouvrir un dialogue personnalisé », explique-t-elle.

Consultation publique

Le projet de réglementation en est à ses premières étapes. L’arrondissement organise une séance d’information et une consultation publique le 17 octobre prochain, respectivement à 15h et à 19h, avant une seconde lecture publique du projet de réglementation lors du prochain conseil d’arrondissement.

À lire aussi : L’arrondissement s’engage à protéger les shoebox de Rosemont—La Petite-Patrie

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