Publicité

Front commun des propriétaires de shoebox face aux élus

Immobilier, Politique
Wildried Cordeau, co-fondateur du regroupement "Les proriétaires de shoebox de RPP" présente son mémoire durant la consultation publique sur le projet de réglementation des shoebox
Wildried Cordeau, co-fondateur du regroupement “Les proriétaires de shoebox de RPP” présente son mémoire durant la consultation publique sur le projet de réglementation des shoebox

Durant la consultation publique sur le projet de réglementation des shoebox, les propriétaires ont reproché aux élus leur communication défaillante et regrettent de ne pas avoir été impliqués dans le processus.

Plus d’une centaine de propriétaires de shoebox sont venus se présenter à la consultation publique du mercredi 17 octobre, étape importante dans le processus d’adoption du projet de réglementation de l’arrondissement sur les maisons shoebox. Une consultation publique qui ressemblait parfois à un combat entre la salle et les trois élus de l’arrondissement présents : François Croteau, maire de l’arrondissement, Christine Gosselin, conseillère du Vieux-Rosemont et responsable du dossier des shoebox, et François Limoges, conseiller du district de Saint-Édouard.

Par leurs interventions, les citoyens ont mis de l’avant leurs nombreuses préoccupations et ont souligné que le projet de réglementation ne touchait pas seulement les bâtiments, mais bien des familles qui les occupent. « Nous sommes comme le village gaulois d’Astérix, assailli par les envahisseurs romains », a illustré Frédéric Charpentier pour expliquer son sentiment.

Nombreuses critiques

La question de l’objectivité de la grille d’analyse qui permet d’attribuer une valeur architecturale à la façade de la shoebox a été au centre des tensions entre propriétaires et élus. « La grille est totalement subjective! », a lancé Carlos Costa, un propriétaire de ce type de maison en s’appuyant sur des photographies de shoebox dont il réfutait la valeur architecturale attribuée par l’arrondissement. « Votre démonstration est spécieuse », a répondu Mme Gosselin, en soulignant que la grille a été conçue par des experts en urbanisme et soumise au Conseil du patrimoine de Montréal. La conseillère a par ailleurs exclu d’ajouter un mécanisme de révision à la valeur architecturale attribuée par l’arrondissement. « Le processus doit être le même pour tout le monde, mais nous allons perfectionner la grille », a-t-elle expliqué.

Plusieurs citoyens ont critiqué les moyens de communication utilisés par l’arrondissement dans ce dossier. « Ma mère a reçu sa fiche explicative individuelle [de la valeur architecturale attribuée à la façade de la shoebox par l’arrondissement] il y a deux jours, a raconté un jeune homme venu témoigner au nom de sa famille. Comment voulez-vous que nous comprenions le projet de règlement et tout ce qu’il implique dans un si court délai? N’est-ce pas un manque de respect? » Autant les délais serrés entre les différentes étapes du processus d’adoption du règlement que le manque d’explications et de précisions sur le projet de réglementation ont été dénoncés.

Plusieurs revendications

Un mémoire a été déposé par Wilfried Cordeau, co-fondateur du regroupement Les propriétaires de shoebox Rosemont-La Petite-Patrie, à l’intention des élus. Réalisé par plusieurs propriétaires de shoebox de l’arrondissement, ce dernier présente 17 recommandations formulées par le regroupement. Parmi elles : reconnaître les propriétaires de shoebox comme des « partenaires privilégiés et naturels », prévoir des outils de communication et de diffusion ciblés auprès des propriétaires, introduire un mécanisme de révision ou de contestation de la valeur architecturale attribuée par l’arrondissement.« Nous voulons que les propriétaires soient mieux et plus impliqués dans le processus », explique-t-il.

En entrevue, Mme Gosselin tient à assurer que les élus ont entendu les préoccupations des propriétaires de shoebox. « Des bons points ont été apportés durant la consultation, et nous allons faire en sorte de les ajouter à notre projet de réglementation », explique Mme Gosselin. La conseillère a préféré ne pas détailler à quels « bons points » elle faisait allusion et a expliqué que les services d’urbanisme de l’arrondissement travaillaient en ce moment là-dessus.

Selon M. Cordeau, un signal dans ce sens serait que l’arrondissement retarde la deuxième lecture du projet de réglementation, qui est prévue durant le prochain conseil d’arrondissement. Une porte qui n’est pas fermée par Mme Gosselin.


Vous pouvez retrouver notre série sur le projet de réglementation des shoebox : un premier sur le projet de réglementation de l’arrondissement, et un deuxième sur la grogne des propriétaires.

Vos commentaires
loading...