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25 ans de lutte contre la pauvreté dans La Petite-Patrie

Communautaire, Vie de quartier
(photo : page facebook du Regroupement des tables de concertations de La Petite-Patrie)
(photo : page facebook du Regroupement des tables de concertations de La Petite-Patrie)

« Avec l’embourgeoisement, le visage de la pauvreté s’est transformé », affirme Anne Thibault, porte-parole de la Coalition contre la pauvreté de La Petite-Patrie qui fête ses 25 ans cette année.

« Une nouvelle population s’installe au détriment de la population résidente », explique Mme Thibault. D’après les données des recensements de 2006 et 2016, compilées par la Ville de Montréal pour l’arrondissement Rosemont—La Petite-Patrie, le taux de logements privés occupés par des propriétaires est passé de 27% à 30% en 15 ans. D’autre part, la proportion de personnes ayant un diplôme universitaire dans le quartier a aussi augmenté ces dernières années : elle est passée de 39,5% en 2006 à 49% en 2016. Deux symptômes de l’embourgeoisement du quartier selon Mme Thibault.

Avec cet embourgeoisement, la pauvreté s’est elle aussi transformée, d’après elle : « Les petits commerces disparaissent, le pouvoir d’achat [des personnes à faibles revenus] diminue, ça crée de l’isolement, puis des problèmes de santé, puis de santé mentale. Bref, plus il y a d’embourgeoisement, plus t’en arraches. »

La proportion de ménages à faibles revenus a pourtant diminué dans l’arrondissement. D’après les données des recensements compilées par la Ville de Montréal, elle est passée de 32,7% en 2001 à 18,5% en 2016. « Oui, il y a moins de gens dans la pauvreté, concède Mme Thibault, mais ces gens vivent la pauvreté différemment parce qu’ils sont exclus. Le monde s’isole. »

25 ans de lutte sociale

Créée en 1993, la Coalition contre la pauvreté de La Petite-Patrie est née d’un rassemblement de trois organismes : le Comité logement de La Petite-Patrie, le Centre local de services sociaux de La Petite-Patrie et l’Écho des femmes de La Petite-Patrie. « La coalition a débuté autour d’une assemblée de quartier, raconte Anne Thibault, porte-parole de la Coalition contre la pauvreté de La Petite-Patrie. Nous nous sommes à l’époque demandé quoi faire pour améliorer les conditions de vie des gens. »

Au fil des années, plusieurs autres organismes communautaires ont rejoint cette coalition : la Halte la Ressource, le Centre N A Rive, le Centre de Ressources et d’Action Communautaire (CRAC) – Petite Patrie et le Mouvement Action Chômage (MAC) de Montréal.

Dès sa création, le mandat de la coalition était de s’attaquer aux causes de la pauvreté, et non aux conséquences de celle-ci. « La mission que nous nous sommes fixée est bien d’intervenir lorsque des mesures gouvernementales appauvrissent la gens ». Ces moyens de pression incluent la campagne Engagez-vous pour le communautaire, créée en 2014 et que la Coalition a répété pour les élections provinciales de 2018.

La Coalition a organisé de nombreux débats électoraux pour les élections des trois paliers gouvernementaux, dont le dernier a eu lieu le 19 septembre dernier. « C’est très important pour nous d’organiser ces débats : ils redonnent aux gens la possibilité de connaître leurs candidats, d’en apprendre sur leur personnalité et de savoir ce qu’ils proposent dans leur programme ». Et celle-ci de noter que chaque débat a fait salle comble.


Sources des données : profils sociodémographiques de 2001, 2006, 2011 et 2016 réalisés par la Ville de Montréal

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