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Une motion pour préserver les lieux publics et collectifs

Immobilier, Politique
L'Annexe_CompagnonsdeMontreal
La friperie des Compagnons de Montréal, L’Annexe, se situe dans l’ancien couvent de la rue Saint-Vallier, dont la vocation est restée publique. (photo : Archives – Lindsay-Anne Prévost)

Le conseil d’arrondissement refusera dorénavant toute nouvelle demande de modification au plan d’urbanisme pour les lieux de cultes et institutionnels, à l’exception des projets collectifs et communautaires.

Des projets immobiliers privés ne pourront donc plus voir le jour sur des terrains zonés institutionnels et lieux de culte dans Rosemont-La Petite-Patrie. L’arrondissement a affirmé sa volonté de réserver ces lieux pour les projets de logements sociaux et abordables, les organismes et la communauté en général en votant une motion lors de la séance du conseil d’arrondissement le lundi 12 février dernier.

« Depuis toujours, que ce soit des écoles, des institutions publiques ou des lieux de cultes, ces endroits étaient considérés comme appartenant au bien public et donc des institutions publiques », a souligné le maire d’arrondissement, François William Croteau, en présentant la motion lors de la séance. « Nous sommes en train de perdre ces lieux communs, ces lieux collectifs qui se transforment, la majorité du temps, en lieu privé », a-t-il ajouté.

Pression immobilière

À travers la nouvelle motion, l’arrondissement vise à envoyer un message clair concernant le développement de Rosemont-La Petite-Patrie». En effet, de plus en plus de terrains institutionnels sont visés par les promoteurs immobiliers dans le contexte de la pression immobilière. Ceux-ci souhaitent généralement démolir ou transformer l’église, l’ancienne école ou la garderie qui se trouve sur le terrain acquis afin d’en faire des résidences privées. La communauté perd donc, aux dépens de la spéculation immobilière, de nombreux bâtiments autrefois à vocation publique.

Cependant, pour transformer ces lieux — qui sont zonés institutionnels et qui ont un usage « lieux de culte », « école », « garderie », « CPE », etc. – les promoteurs doivent d’abord demander à l’arrondissement de modifier le zonage inscrit dans le plan d’urbanisme. En refusant à l’avenir de changer le zonage des lieux de cultes ou institutionnels, l’arrondissement s’assure donc que ces lieux soient protégés afin de les préserver pour la communauté.

Des espaces pour les organismes

La motion de l’arrondissement va dans le sens des demandes formulées par les organismes communautaires, qui dénoncent le manque de logements abordables dans Rosemont-La Petite-Patrie. L’importance du maintien du zonage institutionnel afin de favoriser les organismes a d’ailleurs déjà fait ses preuves dans le cas de Halte la Ressource et des Compagnons de Montréal.

Les deux organismes logent dans les locaux de l’ancien couvent des petites Franciscaines de Marie, situé sur la rue Saint-Vallier, en partie grâce à la volonté de l’arrondissement de maintenir la vocation institutionnelle ou communautaire du bâtiment. En 2015, les élus s’étaient fermement opposés à l’implantation d’un projet privé sur le site en refusant de modifier le zonage.

Plusieurs organismes de La Petite-Patrie logent également dans une école excédentaire de la CSDM située au 6839 Drolet et sont d’ailleurs en voie d’acheter le l’immeuble afin d’assurer leur logement à long terme. La nouvelle motion déposée lundi permettra d’ailleurs de garder dans le domaine public les autres bâtiments excédentaires de la CSDM présentement en vente dans le quartier.

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