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Le communautaire réclame un meilleur financement

Communautaire, Économie
Anne Thibault. Photo CB
La représentante de la Coalition contre la pauvreté de La Petite-Patrie, Anne Thibault, lors du rassemblement des organismes le mercredi 7 février. (photo : Catherine Bernard)

Dans le cadre de la campagne « Engagez-vous pour le communautaire », une quinzaine d’organismes communautaires ont bravé le froid pour se rassembler à la station Beaubien en fin d’après-midi le mercredi 7 février.

Les organismes communautaires demandent au gouvernement libéral de Philippe Couillard d’augmenter le financement pour le communautaire, de respecter l’autonomie des groupes communautaires et de réinvestir dans les services de santé et les services sociaux.

« Le gouvernement Couillard a coupé beaucoup d’argent depuis trois ans au nom de l’austérité et les groupes communautaires ressentent directement les effets de ces coupures, dénonce Anne Thibault, qui représente la Coalition contre la pauvreté de La Petite-Patrie et travaille également au Comité logement de La Petite-Patrie. Comme il y a beaucoup moins de services à la population, les gens se rabattent sur nous et nous on n’est pas capable de suffire à la demande ».

Il s’agit de la troisième année que les organismes demandent au gouvernement un financement à la hauteur de leur travail et de leur juste valeur.

Réduction des services

Afin d’y arriver financièrement, les organismes communautaires de La Petite-Patrie doivent régulièrement couper dans les services offerts aux citoyens et dans la masse salariale. Dans le cas du Comité logement de La Petite-Patrie et de Halte la Ressource, par exemple, les deux organismes ont réduit leur plage horaire de cinq à quatre jours.

Par manque de ressource, d’autres organismes doivent refuser d’accompagner certaines personnes dans le besoin, diminuer les séances d’information et annuler des groupes de soutien aux citoyens.

Le Comité logement de La Petite-Patrie a notamment diminué le nombre de rencontres d’information sur les hausses de loyers offertes aux citoyens. « On ne peut pas demander aux employés dans le communautaire de travailler 60 heures et d’être payés 30 heures, ça ne fonctionne pas », souligne Anne Thibault.

Communautaire manif

Les organismes communautaires ont affichés des pancartes à la sortie de la station Beaubien afin d’informer les citoyens de leurs services. (photo : Catherine Bernard)

Précarité salariale

Du côté du Centre de ressources et d’action communautaire de La Petite-Patrie (CRAC-PP), la directrice générale, Nathalie Bouchard, aborde le problème de la précarité des emplois du secteur communautaire.

Lorsqu’elle a commencé ses fonctions en 2013, elle était l’unique employée de l’organisme. Elle a peu à peu réussi à trouver du financement pour agrandir l’équipe et le CRAC-PP compte à présent quatre employés.

Elle raconte avoir engagé un chauffeur dans le cadre du projet de récupération alimentaire avec le marché Jean-Talon. « Tout le monde trouvait que c’était un super beau projet », rappelle Mme Bouchard. Avec l’enveloppe budgétaire de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, le CRAC-PP peut seulement se permettre d’offrir à son chauffeur un salaire à 12,25 $ de l’heure, 20 h par semaine.

Besoin de 475 M$

Afin qu’ils puissent « respirer et répondre adéquatement aux besoins de la population », les 4000 organismes communautaires du Québec demandent un montant total de 475 M$ au gouvernement Couillard. « Les loyers, les coûts d’électricité, tout augmente, soutient Anne Thibault. Alors nous, on demande ce montant-là et on exige également d’être indexé pour faire face à l’augmentation annuelle du coût de la vie ».

Selon Baya El Hachemi de Halte la Ressource, la recherche constante de financement empêche les intervenants de se concentrer sur leurs tâches principales. « Ça devient un travail de gestion qui sort totalement du travail communautaire », soupire-t-elle.

« C’est dur pour le moral, s’exaspère Anne Thibault. On croit à la justice sociale, on croit à la solidarité et on commence à en avoir ras le bol de ne pas être capable de répondre à la demande de la population, de ceux qui en ont le plus besoin ».

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