Publicité

Parfums du Cambodge au Régal d’Asie

Économie, Commandité
Kha Eng présente un plat de Bœuf Lok Lac. (Photo: Sylvie Garcia)

À la seule évocation du gingembre, de la citronnelle ou de la coriandre, les amateurs de cuisine de l’Asie du Sud-Est salivent. Pourquoi ne pas élargir ses horizons gustatifs en y ajoutant les saveurs des épices khmères de la cuisine cambodgienne?

Découvrir les parfums du Kroeung – une pâte de curry et d’herbes faite de galanga, de curcuma, de citron Kaffir et de rhizomes — ou des nombreuses autres mixtures aromatiques typiques de cette cuisine. Rencontre avec Kimline Te et Kha Eng Tang, deux des propriétaires du restaurant Régal d’Asie.

Toutes deux originaires du Cambodge, Kimline et Kha Eng immigrent au Québec à l’adolescence. D’abord, le passage obligé en classe d’accueil pour apprendre le français avant de poursuivre leurs études. Kha Eng se rappelle : « Il a fallu travailler dur ». Aujourd’hui, leur maitrise de la langue française témoigne du grand désir d’intégration qui animait les jeunes femmes. Si Kimline et Kha Eng suivent sensiblement le même parcours, elles ne se sont connues que quelques années plus tard. En fait, elles sont belles-sœurs. Kha Eng a épousé le frère de Kimline. Comme elles s’entendent à merveille, et qu’il en va de même de leurs conjoints respectifs, ces dernières rêvent de travailler en famille. Les deux couples constatent que la gastronomie cambodgienne est peu représentée à Montréal. De ce constat germe l’idée d’ouvrir un restaurant afin de la faire connaitre aux Québécois. Le Régal d’Asie ouvre ses portes en 2008.

La gastronomie khmère

Pour les Cambodgiens, la cuisine khmère constitue un lien ancestral sacré qu’on perpétue et qu’on transporte avec soi, même à l’autre bout de la terre. Cette cuisine de l’Asie du Sud-Est a subi de nombreuses influences des pays limitrophes tels que la Thaïlande et le Vietnam, mais aussi de contrées plus éloignées comme la Chine (pour le soja et les pâtes) et l’Inde (pour les currys). La principale distinction de la gastronomie khmère réside dans les combinaisons des aromates et des herbes. Comme le Cambodge est un grand producteur de riz de différentes variétés, cet aliment accompagne plusieurs plats. De plus, les légumes occupent une place de choix dans l’assiette. La majorité des mets sont aussi offerts en version végétarienne en substituant la viande ou le poisson par du tofu. Il s’agit d’une cuisine équilibrée et saine. Moins relevées que la cuisine thaïlandaise, les saveurs complexes et subtiles de la cuisine cambodgienne titillent les papilles des amateurs de gastronomie de l’Asie du Sud-Est les plus blasés. Au Cambodge, les recettes des plats traditionnels se perpétuent de mère en fille, bien qu’il y ait toujours quelques variantes selon la ville et même de la maison où elles sont préparées. « Chacun y met sa touche personnelle », explique Kimline. Parmi les plats cambodgiens en vedette au menu du Régal d’Asie figurent : le délicieux Amok, un met composé de poulet, de crevettes, de poisson ou de tofu dans une sauce au lait de coco très parfumée, servi avec légumes et riz; ainsi que l’incontournable Bœuf Lok Lac, des petits cubes de viandes marinées dans les épices khmères, servi avec salade, riz et garni d’un œuf frit. La carte offre également des mets thaïlandais et vietnamiens.

La force de la famille

Les deux couples adorent travailler ensemble. « On se connait, on s’écoute et l’on s’entraide, car on poursuit le même but. C’est ça la famille! » Kha Eng n’hésite pas à enfiler le tablier pour seconder Kimline en cuisine. L’inverse est aussi vrai. Au besoin, Kimline prête assistance à Kha Eng en salle. Pareil pour leurs conjoints qui sont aussi très polyvalents. En période de fort achalandage, les enfants des deux couples se joignent à l’équipe. Pour Kimline, c’est en cuisine que ses talents s’expriment. Grande détentrice du secret des mélanges aromatiques, cette dernière poursuit la tradition et fait honneur aux recettes de sa mère. Elle effectue les courses en matinée et visite plusieurs fournisseurs afin de dénicher les herbes et les épices les plus fraiches. Arrivée au restaurant avec sa précieuse cargaison, elle pile, hache et broie sans relâche. « Je me fais des muscles, surtout avec la citronnelle dont l’écorce est coriace », mentionne-t-elle en riant. Chaque mixture est classée et numérotée. Pour un plat, il faut les mélanges 1 et 3 : alors que pour un autre; les 1, 2 et 4. Toutes les semaines, le même rituel, mais Kimline ne s’en lasse pas, car cuisiner c’est sa passion.

De son côté, la jolie Kha Eng, élégamment vêtue d’un costume traditionnel cambodgien, s’épanouit à l’accueil et au service en salle. Outre ses talents pour les relations publiques, elle possède une mémoire phénoménale. Souvent, au grand étonnement des clients, elle se souvient de leurs plats favoris, de leur table de prédilection ou de leur dernière conversation. Certains habitués n’ont qu’à dire « comme d’habitude » pour commander. « Je ne peux pas l’expliquer, ça me vient naturellement! », s’exclame-t-elle. Chaque membre met tout son cœur à profit pour la satisfaction de la clientèle. Après 6 jours de dur labeur, que font-ils de leur dimanche de repos? Ils se réunissent, les grands-parents, les enfants et les petits-enfants, au total ils sont 22, et ils mangent ensemble. Une famille « tissée serrée »!

La formule Apportez votre vin et le menu à prix très abordables permettent aux gastronomes de tous les budgets de s’adonner à la découverte. De plus, des salons semi-privés peuvent accueillir des groupes au deuxième étage.

Régal d’Asie

6299, rue Saint-Hubert

514 948-6060

www.regaldasie.com

Photo : Sylvie Garcia

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
Vos commentaires
loading...