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Des locataires réclament un meilleur contrôle des hausses de loyer

Immobilier, Politique
Manif RCLALQ. Photo André Querry
Les manifestants ont entamé une marche dans le quartier en distribuant des dépliants pour informer les locataires. (photo : Gracieuseté – André Querry)

En pleine période de renouvellement des baux, une trentaine de manifestants se sont rassemblés mardi après-midi près du marché Jean-Talon à l’appel du Regroupement des comités logements et associations des locataires du Québec (RCLALQ) pour dénoncer les hausses de loyers « abusives ».

« Nous avons le droit de refuser une hausse ! », a encouragé une locataire en s’adressant à la petite foule regroupée au parc Carmela-Galardo-Frascarelli mardi dernier. En pointant l’immeuble au coin sud-ouest de Bélanger et Drolet, dans lequel elle réside depuis six ans, Mme Migeotte a expliqué se battre avec son propriétaire depuis trois ans contre des hausses de loyers qu’elle considère trop élevée et non justifiée.

« Quand il a changé les fenêtres, il a demandé 40 $ de plus par mois », explique-t-elle. Selon les taux de la Régie du logement, un locataire ne devrait pas payer plus de 2,4 % du coût total des réparations effectuées. « Habituellement, pour des nouvelles fenêtres, on est plutôt à 6 $ d’augmentation par mois », calcule Martin Blanchard, du Comité logement de La Petite-Patrie.

Après quelques années à constater des hausses de loyers considérées injustes et à devoir gérer avec un propriétaire « toxique », Mme Migeotte s’est tournée vers le Comité logement de La Petite-Patrie pour obtenir un soutien. Il y a deux ans, l’organisme a alors regroupé cinq locataires de l’immeuble, dont Mme Giguotte, afin de déposer un recours collectif à la Régie du logement. Après des mois d’attente, l’audience est prévue pour le mois de mars. Les locataires devront ensuite attendre trois mois de plus pour obtenir une réponse.

Contrôle universel réclamé

« On observe souvent des hausses de 4 % à 5 % dans La Petite-Patrie, explique Martin Blanchard, c’est un des quartiers où il y a le plus d’augmentation de loyer ». Une hausse normale s’évalue autour de 1 % à 2 %, selon les taux actuels de la Régie du logement.

Le RCLALQ demande depuis plusieurs années un meilleur contrôle des loyers afin de mieux protéger les locataires. « Au Québec on n’a pas de contrôle automatique, soutient M. Blanchard, il faut d’abord que le locataire refuse l’augmentation, puis qu’il se rende à la Régie ».

Le regroupement désire inciter le gouvernement à s’inspirer de l’Ontario, qui s’est doté l’an passé d’un contrôle universel. Lorsqu’un propriétaire souhaite hausser le prix d’un loyer au-dessus du pourcentage en vigueur, il doit d’abord justifier une telle augmentation devant le tribunal.

À la Régie du logement, le délai pour qu’une cause déposée par un locataire soit entendue est généralement d’environ 2 ans, selon le Comité logement de La Petite-Patrie. C’est la raison pour laquelle seulement 1 % des locataires se rendraient à la Régie pour une fixation de loyer, soutient l’organisme.

Indices 2018

La Régie du logement devrait publier ce vendredi les indices de hausses de loyers en vigueur pour cette année. Le RCLALQ avait dû se mobiliser l’an passé alors que la Régie tardait à rendre publics ces taux d’ajustements. Selon le regroupement, ces indices sont essentiels pour les locataires lorsque vient le temps de calculer la hausse de loyer.

« On se croise les doigts pour vendredi, a lancé aux manifestants le porte-parole du regroupement, Maxime Roy-Allard. Sinon on revient en force la semaine prochaine auprès de la ministre de l’Habitation et auprès de la Régie !»

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