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Dany Placard : rencontre dans La Petite-Patrie

Culture
Dany Placard. Photo CB
Le titre de son dernier album «Full Face» fait référence à la façon de se couper du monde en portant un gros casque de moto. (photo : Catherine Bernard)

À la veille d’une tournée à travers le Québec, Pamplemousse.ca a rencontré le chanteur originaire du Saguenay dans son quartier d’adoption pour discuter de son dernier album Full Face.

Dany Placard avait surpris le public l’automne dernier avec un album plus rock alternatif et grunge que la tendance folk qu’on lui connaît depuis ses débuts, il y a plus de 15 ans. Rencontré à la boulangerie La Miche Dorée, sur Bélanger, il confie qu’il ne « feelait pas trop » lorsqu’il a écrit son dernier album Full Face, sorti en septembre dernier.

Il aborde ouvertement l’état dans lequel il était au moment de se lancer dans l’écriture de son dernier album. « C’était un genre de burn out pis d’écoeurantite de toute, mais là ça va mieux», assure-t-il.

Durant l’année 2016, Dany Placard a enchaîné environ huit réalisations d’albums de différents artistes. Un an à faire ce travail, ça l’a brûlé. Il aborde la difficulté de faire valoir ses points avec certains artistes trop obstinés. «À un moment donné, tu tires la plug, tu fais juste dire oui. Alors tu ne sers plus à rien…» Quand il a fini la dernière réalisation, il a commencé à écrire Full Face. «J’ai écrit pendant trois mois», souligne-t-il.

Ayant parlé de ses démons dans Démon Vert (2012), de la vierge Marie dans Santa Maria (2014), il sentait qu’il devait aller plus loin avec Full Face. « C’est comme une trilogie d’album personnel», raconte-il.

Full Face

Depuis sa sortie, l’album a reçu un très bel accueil de la part du public. Son seul spectacle prévu à Montréal affiche d’ailleurs complet, trois semaines après le début de la vente des billets. «La critique est super bonne, affirme le chanteur, y’a pleins de monde qui m’écrivent et qui me disent qu’ils trippent, c’est l’fun.» Il raconte qu’une personne lui a même écrit pour le remercier, lui confiant que son album l’avait aidé alors qu’elle vit une dépression.

Beaucoup plus sombre que les derniers, l’album aborde le thème de la dépression, sans être déprimant pour autant. «Musicalement, on ne voulait pas que ça soit down, explique-t-il. Tsé, elle est super joyeuse Sleeping Bag, mais c’est un gars qui fait une dépression.»

Pour Full Face, Placard a délaissé la guitare sèche et l’harmonica pour la guitare électrique, et a ajouté des claviers pour donner un son plus rock alternatif. On reconnait d’ailleurs l’influence de Tame Impala dans les mélodies de certaines chansons. Placard souligne avoir beaucoup écouté les premiers albums du groupe australien dans la dernière année.

Il a également travaillé avec de nouveaux musiciens pour avoir une vibe différente. Il a toutefois gardé Guillaume Bourque, le guitariste avec lequel il travaille depuis 10 ans et avec qui il a coréalisé l’album.

Son quartier

La rencontre avec Pamplemousse.ca avait d’abord été prévue au Soucoupe café, un des endroits préférés de Dany Placard dans le quartier, situé sur Fabre, à deux pas de chez lui. «Violaine, la propriétaire, est vraiment cool, et tout le quartier va chercher son café là, alors tu finis par connaître tout le monde», explique-t-il.

On peut également retrouver le chanteur à l’Isle de Garde, son bar préféré dans le quartier, malgré le manque de places en raison de la forte popularité de la brasserie de la rue Beaubien.

La Petite-Patrie a été un coup de cœur il y a plusieurs années, alors qu’il habitait sur Christophe-Colomb coin Rosemont; son deuxième appartement en arrivant à Montréal. Il est revenu pour acheter un duplex il y a environ 13 ans. «Dans le temps ça ne coutait rien une maison dans le quartier. Sur Le Plateau c’était déjà plus achetable», raconte le père de deux garçons.

Retour à l’écriture

Dany Placard ne compte pas ranger son crayon et son carnet de sitôt. Il a même déjà recommencé à écrire de nouvelles chansons. Pour l’instant, il prévoit continuer sur sa lancée plutôt rock et ainsi délaisser le folk pour un moment. Mais il y reviendra sûrement, assure-t-il.

Pendant longtemps, il a enregistré ses albums dans le petit studio qu’il a aménagé en haut de son garage. Encore aujourd’hui, il s’y rend le matin pour travailler, café en main. Pas toujours pour enregistrer, parfois seulement pour tester des sons. Quand vient le temps de faire une pause, il a pour habitude d’aller faire ses courses et de casser la croûte au marché Jean-Talon.

Pour plus d’informations:

Site web de Dany Placard (Tournée de l’album, nouvelles, vidéos…)

La page Bandcamp de Dany Placard.

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