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La Plaza va de mieux en mieux

Économie
Les travaux d’enlèvement de la marquise ont causé très peu de désagréments sur la Plaza St-Hubert, selon Mike Parente. (Photo: Stéphane Desjardins)

La Plaza St-Hubert connaît une remontée, comme l’a constaté Pamplemousse.ca sur le terrain.

La Plaza St-Hubert recrute des commerçants, malgré les chantiers. Nous y avons compté 25 commerces vides sur 301 emplacements, soit un taux d’inoccupation de 8,3%. C’est mieux que l’ennemi juré banlieusard que représente le centre d’achats Dix30 (v. plus bas).

En fait, les travaux d’enlèvement de la marquise, de Saint-Zothique à Jean-Talon, créent des opportunités, selon Mike Parente, directeur général de la Plaza St-Hubert. «Le chantier s’est déroulé avec beaucoup de respect pour les commerçants, dit-il. L’entrepreneur a été efficace. Mais plusieurs commerçants et, surtout, leurs propriétaires ont eu de grosses surprises une fois la marquise enlevée. Plusieurs immeubles ont grandement besoin de rénovations. J’espère qu’ils vont en profiter pour effectuer des travaux.»

Mike Parente ne se surprend pas du taux d’inoccupation assez bas sur la Plaza. «Les grands médias s’acharnent sur les artères commerciales de Montréal et épargnent le Dix30. Pourtant, c’est nous qui allons mieux! Il y a une forte demande pour venir s’installer chez nous, malgré les chantiers! Il y a un engouement pour la Plaza. Plusieurs veulent profiter de la nouvelle ère, après les travaux et quand la nouvelle marquise sera implantée», ajoute-il.

M. Parente observe que l’industrie du commerce de détail évolue rapidement: «Un jour, on compte plusieurs endroits disponibles, dit-il. Vous revenez deux ou trois semaines plus tard, et ils sont tous loués!»

Plusieurs facteurs expliquent le phénomène. Mais M. Parente croit que l’esprit d’entreprise compte pour beaucoup: «Les multinationales sont gérées en fonction de la performance. Lorsqu’il y a un ralentissement, elles vont fermer les magasins moins performants et passer à autre chose. Le commerçant indépendant, lui, il n’a pas le choix. C’est son gagne-pain. Quand ça va mal, il travaille encore plus fort pour connaître le succès. Il s’ajuste pour répondre aux demandes de la clientèle.»

Mike Parente ne se surprend pas des chiffres de Pamplemousse.ca. «Mais je sors quelques locaux de vos résultats, dit-il. Ils sont vacants depuis trop longtemps pour attirer qui que ce soit. Souvent, c’est parce qu’ils sont dans un état lamentable, ou le propriétaire se fiche de trouver un locataire!»

M. Parente reconnaît qu’Internet a lourdement affecté l’industrie du commerce de détail. «On trouve surtout des produits génériques en ligne, dit-il. Mais si vous cherchez un produit différent, c’est en boutique que vous le trouverez. Dans un monde où tout va très vite, les gens cherchent l’expérience humaine. Les artères commerciales offrent cette authenticité que vous n’aurez pas sur le web ou dans les grands centres commerciaux.»

 

Notre étude

Nous avons compté le nombre de commerces inoccupés sur les principales artères commerciales du quartier: Mont-Royal, Saint-Laurent et Saint-Denis. Nous avons exclu les rues du Parc, Duluth, Prince-Arthur et Bernard, ainsi que les commerces en rénovation pour location ou ceux qui affichent la pancarte d’un locataire éventuel. Alors que, depuis plusieurs années, les médias «nationaux» ne cessent de répéter que les taux d’inoccupation des artères commerciales de Montréal sont catastrophiques, nos constatations sur le terrain confirment le contraire.

Ainsi, nous avons marché sur la rue Saint-Hubert, entre Rosemont et Jean-Talon la semaine dernière. Nous avons compté 301 emplacements commerciaux, dont 25 étaient vides. Ce qui fait un taux d’inoccupation de 8,3%.

Nous avons comparé ces données à celles des centres d’achats de banlieue les plus achalandés au Québec, que nous avons visités la semaine dernière. Ainsi, le Carrefour Laval compte dix commerces vides (incluant le Sears, qui le sera dans quelques semaines, ainsi qu’un détaillant en faillite), pour un taux d’inoccupation de 3,44%. Mais le Carrefour Laval est un des centres d’achats les plus occupés au pays. Au centre d’achats Dix30 de Brossard, le taux est 9,27% (29 locaux vides sur 313), soit un taux plus élevé que la Plaza St-Hubert.

Pour comparer, les rues commerciales du Plateau Mont-Royal se portent également mieux qu’avant. Ainsi, l’Avenue du Mont-Royal affiche un taux d’inoccupation de 6,6%, soit 30 commerces sur 454, entre du Parc et Frontenac. Rue Saint-Denis, nous avons compté 40 commerces vides sur 252, entre Sherbrooke et Laurier (soit un peu plus que le territoire de la Société de développement commercial de la rue Saint-Denis), pour un taux de 15,87%. Rue Saint-Laurent, le taux s’établit à 6,77%, soit 25 commerces vides sur 369, entre Sherbrooke et Bernard.

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