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Les poules montréalaises en vacances à la ferme

Environnement
Poule en hiver. FB POC
Le froid devient dangereux pour la poule lorsque la température extérieure baisse à -10 degré Celsius. (photo : Facebook de POC POC)

Alors que la métropole a connu ses premières neiges et que les températures avoisinent le zéro degré, la plupart des poules pondeuses urbaines iront bientôt glousser parmi d’autres dans une ferme en région.

Durant la saison hivernale, les choix sont restreints pour la soixantaine de ménages ayant des poules dans leur cour de Rosemont-La Petite-Patrie. L’option la plus répandue, selon l’organisme Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB), est de placer ses cocottes en pension chez un fermier référent, jusqu’à l’arrivée du printemps. « La population de poule pondeuse à Montréal diminue de 99 % l’hiver, selon moi », estime Jean-Philippe Vermette, directeur en intervention et politiques publiques chez AU/LAB.

D’autres propriétaires préfèreront garder leurs poulettes au chaud dans leur propre cour; un système de chauffage pour l’eau et le poulailler est alors nécessaire. M. Vermette pointe cependant les désagréments qu’engendre une telle décision : les poules pondent moins en hiver, même en étant au chaud. De plus, l’eau leur étant réservée risque de geler si le système de chauffage n’est pas au point.

« Un seul des résidents que l’on suit en ce moment souhaite garder ses poules pendant l’hiver, explique Jean-Philippe Vermette, dont l’organisme participe au projet-pilote de poulaillers urbains, lancé en partenariat avec l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, en juin 2017. Il affirme qu’une visite est prévue chez ce résident, afin d’aller inspecter la conformité de son installation. « Il a pratiquement une maison pour ses poules! », s’exclame-t-il.

La santé des poules n’est pas affectée tant que la température extérieure reste autour du zéro degré Celsius, selon AU/LAB. «Même s’il y a de la neige, ce n’est pas grave; le métabolisme de la poule va ralentir un peu», explique M. Vermette. Par contre, à partir de -10 degrés Celsius et sans un abri chauffant, le bien-être de l’animal est considéré comme étant en péril.

Dure réalité de la vie d’une poule

Enfin, deux autres options s’offrent à ceux qui ne désirent pas garder leurs poules l’hiver; l’euthanasie – pour la somme de 180 $ – ou l’abattoir – au prix de 5 $. En effet, il s’agit du sort de toutes les poules pondeuses issues de l’industrie, même celles vivant en liberté.

Le chercheur de AU/LAB explique que le nombre d’œufs que pond une poule par jour baisse énormément après avoir passé le cap de la première année. C’est pourquoi la majorité des éleveurs du Québec prennent la décision de garder les mêmes poules du printemps à l’automne seulement.

Jean-Philippe Vermette soutient que la majorité des gens sont malheureusement peu informés sur la réalité de la vie d’une poule, même les «éleveurs urbains».

C’est pour cette raison, entre autres, que AU/LAB participe au projet-pilote. Étalé sur deux ans, le projet vise à étudier et à documenter l’implantation de poulaillers dans un contexte résidentiel. « Je vois le projet comme un outil de sensibilisation à la condition des poules », affirme M. Vermette. À la suite de leurs observations, les chercheurs de l’organisme énonceront des recommandations. Sur ce sujet, le directeur en intervention et politiques publiques précise que celles-ci ne serviront pas nécessairement à «faire la promotion de la poule en ville.»

Les poules dans le quartier

Une soixantaine de poulaillers seraient dispersés, souvent à l’abri des regards, dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie. Pour la majorité, il s’agit d’une initiative personnelle de la part des résidents et leurs emplacements demeurent, pour la plupart, inconnus.

Dans d’autres cas, des résidents ont fait l’achat d’un poulailler clés en main du projet POC, fondé par l’équipe derrière Alvéole. Finalement, seulement quatre basses-cours, dont deux officiellement, sont suivies dans le cadre du projet-pilote de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie en partenariat avec AU/LAB.

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