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Des citoyens réagissent à la fermeture du Starbucks

Économie
Marché Jean-Talon
78 % des gens ayant répondu à une consultation citoyenne en 2016 considèrent que l’établissement de chaines commerciales devrait être restreint à l’intérieur même du marché, mais également sur son pourtour. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

La fermeture du café Starbucks du Marché Jean-Talon remet sur la table les recommandations d’un groupe de citoyens sur la gestion des marchés publics, déposées en juin 2017.

La multinationale Starbucks a quitté le pourtour du Marché Jean-Talon le 1er novembre dernier en fermant soudainement sa succursale située angle Casgrain et la voie nord de la Place du Marché-du-Nord.

Pour Nicolas Fabien-Ouellet, cofondateur du regroupement de citoyens Les Ami.e.s du Marché Jean-Talon, il s’agit d’une opportunité afin de revoir l’encadrement du développement commercial du marché.

« On espère que le prochain commerce sera plus en phase avec le marché », souhaite-t-il.

En 2015, l’annonce de l’ouverture d’une succursale Starbucks avait provoqué une contestation populaire, menant à une pétition signée par environ 10 000 citoyens. La majorité des propriétaires des cafés situés autour du marché public et le maire de l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie, François Croteau, avaient aussi vu d’un œil défavorable l’arrivée de la multinationale près de leur marché public.

Afin d’éviter un autre épisode comme celui du Starbucks, M. Fabien-Ouellet revient sur les recommandations remises aux instances municipales et à la Corporation de gestion des marchés publics de Montréal (CGMPM) en juin 2017, à la suite d’une consultation citoyenne auprès de 522 répondants en 2016.

L’une des recommandations proposait d’inclure les commerçants du pourtour du marché Jean-Talon, les citoyens et les instances municipales sur le conseil d’administration et le comité exécutif du marché.

« C’est un gros défi d’encadrer le développement commercial : il faut l’expertise de chacune des parties prenantes et prendre des décisions ensemble », explique Nicolas Fabien-Ouellet.

Actuellement, seuls les marchands tenant boutique à l’intérieur même du Marché Jean-Talon peuvent siéger sur le conseil d’administration avec la CGMPM et ainsi participer aux décisions concernant l’avenir du marché.

Vers un plan d’action en 2018

Les recommandations seront peut-être entendues puisqu’une rencontre entre les Ami.e.s du Marché Jean-Talon et la CGMPM se prépare début 2018. Les deux parties en profiteront pour commencer à développer une vision commune et à ébaucher un plan d’action pour le Marché Jean-Talon.

« On a rencontré dernièrement des gens de la CGMPM et ils appuient notre démarche », affirme Nicolas Fabien-Ouellet.

Le directeur au développement de la CGMPM, Luc Beauparlant, ajoute que la corporation « souhaite peut-être aller vers un comité consultatif. »

Un local vacant près du Marché Jean-Talon

 Le départ de la succursale Starbucks étant récent, on ignore toujours quel commerce emménagera sur la voie nord de la Place du Marché-du-Nord au coin de la rue Casgrain.

« Les gens veulent une expérience unique, donc l’offre commerciale devra s’en assurer », énonce Nicolas Fabien-Ouellet.

Il rappelle l’une des conclusions de la consultation citoyenne qui démontraient que 89 % des citoyens seraient d’avis que le marché et son pourtour devraient être composés uniquement de commerces indépendants et locaux.

Sur les médias sociaux, plusieurs internautes ont manifesté leur déception de voir le café Starbucks fermer alors que celui-ci leur offrait un des seuls lieux d’étude ouvert tard le soir avec une connexion WIFI. « Donc il y a une demande, peut-être un besoin à combler », laisse sous-entendre M. Fabien-Ouellet.

Selon le communiqué des porte-paroles de Starbucks, la fermeture du café est due à l’absence d’une « base de clients constante à l’année ». Le café avait une clientèle saisonnière, ce qui a fini par convaincre la multinationale d’investir plutôt dans ses différentes succursales situées à proximité.

Les porte-paroles ont toutefois voulu ajouter que les raisons de la fermeture ne sont en aucun cas liées à la pétition citoyenne de 2015.

 

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