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Porte-à-porte auprès des aînés : 69 personnes référées au CLSC

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Parmi les 69 personnes aînées référées au CLSC, environ 20 d’entre elles semblaient être victimes de maltraitance physique, psychologique ou financière. (photo : Image libre de droits – Pixabay.com)

Comment se portent les aînés de La Petite-Patrie ? C’est ce que les agents du poste de quartier (PDQ) 35 ont voulu savoir en cognant à la porte de plusieurs aînés au cours des trois derniers étés.

Les agents sociocommunautaires du PDQ 35 et des cadets policiers ont cogné à plus de 3100 portes et rencontré environ 1300 personnes aînées de La Petite-Patrie pour repérer des personnes victimes d’abus ou ayant besoin de soutien. De ce nombre, 69 personnes ont été référées au Centre local de services communautaires (CLSC) de La Petite-Patrie sous une base volontaire révèle le PDQ 35 dans un communiqué de presse.

« Chaque fois qu’on parlait avec une personne aînée, on faisait une analyse pour savoir si elle vit seule, si elle est maltraitée physiquement, psychologiquement ou financièrement par des proches et si elle a besoin de services sociaux », explique le commandant du poste de quartier 35, Samaki-Eric Soumpholphakdy.

Sur les 69 personnes référées au CLSC pour divers soins, une vingtaine de cas étaient liés à de la maltraitance. Une situation alarmante ? « Un cas est toujours un cas de trop », fait valoir le commandant.

État de la situation

Il y a quelques mois, l’organisme l’Écho des Femmes de La Petite-Patrie avait mené une démarche semblable auprès de plus de 80 femmes aînées du quartier. Selon leurs observations, la majorité d’entre elles seraient victimes d’isolement dû à l’absence de liens amicaux et familiaux et à l’absence de services adaptés. Cet isolement rend les causes de maltraitance encore plus difficiles à repérer.

« Un nombre important de femmes n’a aucun lien avec la famille. Parmi celles qui ont un lien, la qualité n’est pas au rendez-vous. La famille donne des nouvelles de temps à autre, mais on ne peut pas compter sur celle-ci pour être soutenu », avait rendu compte l’une des travailleuses communautaires de l’Écho des Femmes, Judith Rouan.

Il est toutefois difficile de tirer les mêmes conclusions de la démarche du PDQ 35. « Nous avons le droit de poser des questions, mais il ne faut pas être intrusif non plus », témoigne Samaki-Eric Soumpholphakdy.

Capteurs sociaux

À cet effet, la travailleuse communautaire avait recommandé que davantage de recherches s’imposent pour mieux comprendre et mieux cibler les besoins des personnes aînées. Mme Rouan avait convenu que c’était un long travail de quartier qui devait se mettre en marche. Une démarche avec laquelle le commandant se montre en accord : « La population est vieillissante et il faut y mettre les ressources », note M. Soumpholphakdy.

Dans cet esprit, le poste de quartier 35 compte d’ailleurs mettre en place des « capteurs sociaux » à travers le quartier « Nous avons nos agents sociocommunautaires, mais les policiers sont maintenant formés et sont capables de détecter la maltraitance », fait valoir Samaki-Eric Soumpholphakdy

Ces derniers travailleront de concert avec les organismes du secteur. « On veut que les policiers recommandent les gens auprès de nos partenaires et qu’il y ait une coordination pour avoir un meilleur filet de sécurité. Le porte-à-porte c’est bien, mais c’est une goutte d’eau dans un océan » fait remarquer le chef du poste de quartier 35.

En savoir plus :

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan d’action de la Table intersectorielle AMI (Abus – Maltraitance– Isolement) des aînés qui regroupe un ensemble de partenaires locaux dont le PDQ 35.

Les policiers rappellent aux victimes d’abus ou de maltraitance de ne pas hésiter à communiquer avec le poste de quartier ou encore avec le 911, s’il y a urgence.

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