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PARK(ing) Day : transformer les stationnements en milieux de vie

Environnement, Transport
PARK(ing) Day
L’an dernier, le (PARK)ing Day du parc des Gorilles avait attiré plusieurs résidents du secteur Marconi-Alexandra préoccupés par son avenir. (photo : Gracieuseté – Simon Van Vliet)

PARK(ing) Day, ce mouvement mondial qui vise à réinviter les cases de stationnement pour créer des milieux de vie éphémères, fera son retour mondial le 22 septembre pour une sixième année consécutive.

Et La Petite-Patrie n’échappe pas à cet instant cette mobilisation, qui vise à valoriser les déplacements actifs et collectifs et à instaurer une mobilité durable et des aménagements urbains qui y sont favorables.

Certains citoyens profiteront de l’événement pour se pencher sur l’avenir du Parc des Gorilles et plus particulièrement sur sa porte d’entrée située au coin des rues Saint-Urbain et Beaubien.

« Il faut faire quelque chose autour du site du futur parc pour améliorer la convivialité et la sécurité des déplacements actifs. Cette place qui est utilisée par les voitures peut servir à autre chose et, en l’occurrence, doit servir à autre chose », croit le cofondateur des AmiEs du parc des Gorilles, Simon Van Vliet, qui profitera du (PARK)ing Day pour partager ses réflexions avec Vélo Fantôme Montréal, Copenhagenize, Vélo Québec et la Coalition Vélo de Montréal.

Un secteur déstructuré

La sortie de la piste des Carrières débouche sur deux voies de circulation automobile et sur une entrée du Home Dépôt. Selon M. Van Vliet, un conflit d’usage se ferait donc souvent valoir entre les cyclistes qui sortent de la piste et les automobilistes qui utilisent cette porte de sortie à l’instar de la sortie « officielle » du magasin, qui est située une dizaine de mètres plus loin à l’ouest dans l’axe de la rue Esplanade. Le cofondateur se dit soulagé qu’il n’y ait eu aucun accident mortel à ce jour tant l’intersection est « excessivement problématique ».

C’est surtout que le secteur Marconi-Alexandra possède un aménagement unique, notamment à cause de la voie ferrée. « Le quartier présente plein de problèmes fonctionnels liés à l’absence de planification pour la mixité qui existe depuis toujours. L’intersection Beaubien/Saint-Urbain présente un peu l’archétype de tous ces problèmes », explique le cofondateur.

Simon Van Vliet croit néanmoins qu’il est possible de faire de « l’acupuncture urbaine » en réparant une intersection à la fois. « [L’intersection] peut facilement être réaménagée dans la mesure où tout ce qu’on a ce sont des voies de circulation automobile et des places de stationnement », explique-t-il.

Momentum

Les résidents de Marconi-Alexandra profiteront d’un moment clé cette année pour faire valoir leurs réflexions. La campagne électorale qui s’amorce permettra de (re)mettre certains enjeux liés au secteur sur la table. Le terrain du parc des Gorilles, qui appartient à ce jour au promoteur Olymbec Inc., sera également bientôt exproprié et sera ainsi aux mains de l’espace public.

C’est sans compter que l’aspirant maire de Rosemont-La Petite-Patrie et responsable des dossiers vélos à la Ville de Montréal, Marc André Gadoury, est l’un des piliers de la campagne Vision Zéro lancée en grande pompe par l’administration Coderre il y a deux semaines.

Le scepticisme se fait malgré tout sentir. « Ça fait quatre ans qu’on pose des vélos fantômes et sur les six que nous avons posés, je n’ai pas l’impression de vivre dans une ville plus sécuritaire qu’avant. Coderre est très bon pour faire des promesses, mais il est moins bon pour les réaliser », déplore la porte-parole de Vélo Fantôme Montréal, Gabrielle Anctil.

Celle-ci profitera tout de même du PARK(ing) Day pour élargir son champ d’action sur l’ensemble de la métropole. « Notre but est de ne plus jamais avoir à poser de vélos fantômes. On identifie les lieux qui nous semblent problématiques et qui pourraient mener à des collisions et des décès et nous les pointons du doigt avant qu’il soit trop tard », fait valoir la porte-parole.

(PARK)ing Day

D’ici là, le parc des Gorilles deviendra le temps d’une journée un « un pop-up pique-nique urbain ». Plusieurs animations se tiendront autour du thème « Faire de la place pour tout le monde dans la rue ! ».

L’année passée, plus de 200 cases de stationnement ont été réinventées à travers le territoire montréalais, faisant du PARK(ing) Day Montréal la plus grosse édition au monde.

« On a vu au fur et à mesure la reconversion de ces espaces temporaires prendre part au paysage de nos rues montréalaises, notamment avec beaucoup de restaurants, de terrasses, de cafés et de placotoirs, se réjouit le directeur adjoint du Conseil régional de l’environnement de Montréal, Félix Gravel. Le PARK(ing) Day a contribué à révéler le potentiel pour faire de Montréal une ville plus agréable, plus verte et moins dédiée à l’automobile. »

[Par souci de transparence, nous tenons à informer nos lecteurs que Simon Van Vliet (cité dans ce texte) est également journaliste pour Pamplemousse.ca sur Le Plateau. Il n’a eu aucun droit de regard sur cet article et les opinions émises ne font pas partie de la ligne éditoriale de Pamplemousse.ca ]

À lire également : Parc des Gorilles : la fin d’une longue saga

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