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L’Artothèque ouvre sa porte aux artistes handicapés

Culture, Santé
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Les oeuvres des artistes du CRDITED – Atelier Pie IX s’allient à celles des artistes professionnels membres de L’Artothèque. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

L’Artothèque accueille jusqu’au 14 octobre une exposition qui met en valeur des oeuvres réalisées par des artistes ayant une déficience intellectuelle.

Lucie s’est amusée à dessiner une dame, qu’elle décrit avec amusement comme « une actrice ». (photo : Lindsay-Anne Prévost)

« Ça me rappelle quand j’étais à Newport en 1996. Il y avait un vieux château et une clôture comme ça. Les couleurs me font penser au passé », raconte Miguel, un jeune artiste exposé à L’Artothèque.

Comme ses neuf autres collègues du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en trouble envahissant du développement (CRDITED) – Atelier Pie IX, il est très heureux de vivre son premier vernissage. À travers son oeuvre qu’il a dessinée pendant plusieurs jours au crayon de bois, Miguel voulait se « rappeler de beaux souvenirs ».

« L’art les rend heureux. Ils sont physiquement plus épanouis, parlent et communiquent plus, sont plus présents et souriants. Il y a une méchante différence, » souligne Stéphane Cayer, instructeur en métier artisanal occupation thérapeutique à l’Atelier Pie-IX ; l’un des seuls centre de ce genre au Québec.

Instaurer un dialogue

Celui-ci rêvait depuis plusieurs années de permettre aux usagers du CRDITED – Atelier Pie IX d’être exposés. Il s’est toutefois cogné le nez à plusieurs portes. « Les galeries standards ont beaucoup de craintes. Ils ont peur que la qualité au niveau du travail soit un coup de chance », témoigne M. Cayer.

Puis un jour, le téléphone a sonné. L’Artothèque lui proposait de participer à une exposition sur l’art brut, qui désigne des œuvres faites par des personnes n’ayant pas de formation ou de culture artistique. « Nous voulons décloisonner [l’art] et faire en sorte que les déficients intellectuels, les artistes professionnels et les art-thérapeutes puissent se côtoyer », explique le directeur de L’Artothèque, Justin Maheu.

Stéphane Cayer espère que cette première entrée à la galerie de la rue Saint-André permettra « d’enlever l’étiquette » attribuée aux individus ayant un handicap. Selon lui, c’est une belle manière de découvrir leur état d’âme et leur sensibilité. « Ils n’ont pas de barrière. Le résultat est vraiment intéressant », fait-il valoir.

Poupées de voyage

Les visiteurs pourront découvrir par la même occasion quelques oeuvres de la poétesse Estelle Cambe ainsi que les poupées joliment créées à partir de déchets par l’artiste Sylvie Fusade.

« Sylvie est partie en voyage pendant six mois et nous voulions continuer de communiquer. Nous avons décidé de le faire de manière artistique, donc Sylvie en créant des poupées et moi en écrivant des poèmes à partir des images que je recevais », raconte Mme Cambe.

« Je suis tombée en amour avec le concept de poupées lors d’un atelier d’art-thérapeute, qui me permet à la fois de travailler sur l’enfance, la figure humaine, l’autoportrait et sur toutes sortes de choses, se réjouit pour sa part Sylvie Fusade. J’ai découvert tout un monde incroyable autour de la poupée […]. On se rend compte qu’elle existe dans toutes les cultures du monde. »

Celles-ci se sont également inspirées des oeuvres de la collection de L’Artothèque et celles du CRDITED – Atelier Pie IX pour réaliser leurs créations.

« L’art à l’état brut » est la dernière de la programmation 2017 de L’Artothèque traitant de la thématique du pont en lien avec les 375 ans de Montréal.

À propos de CRDITED – Atelier Pie IX : 

Les gens peuvent visiter l’atelier situé au coin du boulevard Pie-IX et de la rue Ontario ou acheter des oeuvres sur rendez-vous en contactant le 514-254-1804 poste 0. 

À lire également : Aider la déficience intellectuelle par le magasinage

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