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Un citoyen fait la guerre à l’herbe à poux

Environnement
herbe à poux
Une fois ou deux par saison, Serge Mainville consacre une partie de sa journée à l’arrachage de l’herbe à poux afin d’atténuer ses allergies. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Éternuements à répétition, yeux larmoyants, gorge qui pique. Après avoir été victime d’importantes allergies reliées à l’herbe à poux, un résident de La Petite-Patrie, Serge Mainville, a décidé d’y faire la guerre.

L’herbe à poux possède de petites fleurs. Ses feuilles ressemblent à celles d’une carotte. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Une fois ou deux par saison, depuis 10 ans, ce résident de la rue de Gaspé arpente les rues avoisinantes à son domicile pendant cinq heures pour s’adonner à une séance d’arrachage de l’herbe à poux. Il se promène sur son vélo, prêt à l’attaque avec ses gants de jardinier, et fait le tour des rues Saint-Dominique, Casgrain, de Gaspé, Henri-Julien et Drolet, à la hauteur de Beaubien et de Bellechasse. Pour M. Mainville, cette routine relève presque d’une question de survie. Du moins, au sens figuré du terme.

« L’herbe à poux m’assomme carrément. Je me levais le matin et je ne pouvais pas aller travailler. En même temps, le bureau c’est mon médicament, car l’air pur est recyclé » raconte le météorologue de profession. Je me suis mis à arracher les plants que je voyais sur ma rue et j’ai remarqué une différence dès la première année. J’ai vu que ça valait la peine. »

Celui-ci ne peut compter le nombre de plants qu’il arrache chaque jour sur les quelques rues qu’il visite tant il y en a. L’Écoquartier de Rosemont-La Petite-Patrie confirme également l’ampleur du problème dans le secteur. « Notamment le long de la piste Des Carrières, mais on en retrouve aussi sur le long des trottoirs », précise Virginie Frobert, coordonnatrice à Écoquartier-Tandem de Rosemont-La Petite-Patrie.

Une allergie fréquente

Comme Serge Mainville, environ 1 Québécois sur 10 serait allergique à l’herbe à poux. Selon le ministère de la Santé, elle « constituerait la plus importante cause de rhinite allergique saisonnière dans tout le nord-est de l’Amérique du Nord et serait responsable d’environ 75 % des allergies aux pollens ».

Or, même si les campagnes de sensibilisation à l’ambrosia artemisiifolia et à l’ambrosia trifida battent leur plein dans les médias pendant l’été, plusieurs citoyens semblent demeurer insensibles à sa présence, qui peut même nuire aux personnes allergiques habitant à plusieurs mètres à cause du vent.

Auparavant, la loi stipulait qu’il était illégal de ne pas arracher l’herbe à poux en fleur qui se trouvait sur son terrain passé le 1er août. Une contravention allant jusqu’à 300$ pouvait être octroyée aux contrevenants. Toutefois, celle-ci n’existe plus depuis que la Ville de Montréal a été ciblée par un recours collectif en 2008.

Manque de sensibilisation?

Questionné par le journal La Petite-Patrie sur les mesures de sensibilisation qui sont mises en place dans le quartier à cet égard, l’Écoquartier de Rosemont-La Petite-Patrie affirme qu’un pamphlet informatif distribué par le ministère de la Santé peut être retrouvé dans ses locaux. Selon leur site web, une « patrouille verte » arpente également les rues de l’arrondissement chaque été pour lutter contre l’herbe à poux.

Du côté de la Ville de Montréal, diverses campagnes de sensibilisation sont mises de l’avant. M Serge Mainville estime que celle-ci devrait agir à plus grande échelle et cibler le problème de façon individuelle. « Il y a des articles dans les médias, mais ça requiert que la personne le lise et se positionne. On en parle, la Ville a un site web, mais il faut rejoindre les gens. La Ville de Montréal pourrait envoyer une enveloppe chez les citoyens, qui serait intégrée à leur compte de taxes par exemple, pour dire “n’oubliez pas d’arracher l’herbe à poux” », suggère-t-il.

D’ici là, le météorologue continuera de lutter indépendamment contre celle qui met un frein à son bien-être. Pour lui, ses séances d’arrachage sont une manière de l’aider à se décloisonner de sa maison en période estivale, mais également un bon moyen de sensibiliser ses voisins. Au fil du temps, certains ont aussi fini par se lancer dans la fameuse chasse à l’herbe à poux. Une petite réussite qui réjouit M. Mainville.

À propos de l’herbe à poux : 

  • L’herbe à poux commence à fleurir au mois de juillet. Sa période de pollinisation s’étend désormais jusqu’au mois d’octobre puisque le sol gèle moins rapidement que par le passé.
  • Elle aime les sols pauvres comme le gravier et se loge également sur les terrains dénudés de végétation, où elle n’aura pas de « compétition » avec d’autres plantes.
  • Il est suggéré d’arracher la plante directement à la racine plutôt que de seulement la couper.
  • Les coûts de santé associés aux allergies au pollen de l’herbe à poux étaient, en 2005, de plus de 157 millions de dollars au Québec selon le Directeur de la santé publique de Montréal.

À lire également : Quand Rosemont-La Petite-Patrie rime avec punaises de lit 

 

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