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Passages à niveau : la réponse du CP ne convainc pas

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En l’absence de passages à niveau formels, de nombreux passages informels sont aménagés clandestinement pour éviter aux usagers du transport actif de longs détours. (photo d’archives : Simon Van Vliet)

La réponse du Canadien Pacifique aux demandes répétées de création de passages à niveau entre La Petite-Patrie et le Mile End a été mal reçue.

Dans une pleine page publicitaire, publiée notamment dans Le Devoir de mercredi (16 août), le Canadien Pacifique (CP) semble répondre indirectement à une lettre ouverte publiée la semaine dernière dans plusieurs quotidiens nationaux invitant le premier ministre Justin Trudeau à intervenir directement dans le dossier des passages à niveau.

La lettre signée par le maire d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, et plusieurs dirigeants d’entreprises établies dans le secteur Saint-Viateur Est souligne qu’un « refus de collaboration du CP » bloque le projet de création d’un passage à niveau dans l’axe de la rue Henri-Julien depuis plus de 5 ans.

Le CP ferme la porte

Dans sa publicité publiée mercredi, le président et chef de la direction du CP, Keith Creel, affirme avoir offert à la Ville de Montréal « son entière collaboration en ce qui concerne la construction de passages dénivelés » et estime que c’est la Ville qui bloque le dossier en persistant dans sa volonté de voir le CP procéder à « la construction de passages à niveau dangereux ».

Une affirmation qualifiée de « pas du tout honnête » par le député de Rosemont-La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice. « Ils ne collaborent pas et ils sont très intransigeants dans leurs positions », témoigne le député néodémocrate, qui travaille depuis de nombreuses années sur le dossier en collaboration avec la Ville de Montréal et les maires d’arrondissement du Plateau et de Rosemont-La Petite-Patrie.

Celui-ci tente malgré tout de voir le bon côté de la médaille. « Peut-être que, finalement, la pression publique, politique et populaire finit par avoir un effet. C’est la première fois, je pense, qu’ils se sentent obligés de se défendre sur la place publique », fait remarquer M. Boulerice.

Une solution impraticable

Celui-ci croit par ailleurs qu’il ne serait « pas réaliste » de construire des passages dénivelés, tels que le propose le CP. « Il n’y a pas un endroit où il y a un espace suffisant pour être capable d’avoir une inclinaison qui serait raisonnable. Ça prend une très grande distance d’un point à l’autre pour être capable de faire ça », explique-t-il.

Selon lui, il s’agirait de la solution la plus complexe et la plus coûteuse du point de vue de l’aménagement étant donné qu’elle requerrait la construction de nouvelles infrastructures qui empiéteraient sur les projets de développement aux abords de la voie ferrée.

« Ils savent très bien que ni la Ville de Montréal, ni les arrondissements ne vont pouvoir accepter ça », insiste Alexandre Boulerice, qui rappelle que la création de passages à niveau est réclamée à l’unisson par l’ensemble des acteurs politiques du Plateau et Rosemont-La Petite-Patrie à tous les niveaux.

Des années de démarches sans résultat

Les démarches de médiation entamées par la Ville en 2013 devaient être portées en arbitrage cette année, mais l’aboutissement de ce processus pourrait être encore retardé en raison d’un nouvel imbroglio administratif. Bien qu’il espère voir le dossier se retrouver finalement devant l’Office des transports du Canada, le conseiller de Ville du Mile End, Richard Ryan, martèle depuis longtemps que seule « une action politique » à l’échelle fédérale pourrait débloquer le dossier à court terme.

Cet avis est également partagé par Alexandre Boulerice, qui estime néanmoins qu’il y a « peu d’espoir » depuis le rejet du projet de loi C-322 déposé par sa collègue néodémocrate de Laurier-Sainte-Marie, Hélène Laverdière.

Une nouvelle campagne pour forcer la main du CP

Une nouvelle pétition a été lancée aujourd’hui pour demander au ministre fédéral des Transports de forcer le jeu pour la création de passages à niveau.

L’instigateur de la pétition, Félix Gravel, estime qu’il est grand temps de « revoir la loi sur les compagnies ferroviaires » afin que celles-ci ne puissent plus refuser les demandes de municipalités qui souhaitent faire aménager des traverses balisées et sécurisées. En l’absence de passages à niveau formels, de nombreux passages informels sont aménagés clandestinement pour éviter aux usagers du transport actif de longs détours.

Ce texte a été adapté à partir de l’article de Simon Van Vliet, publié sur Pamplemousse Le Plateau : http://plateau.pamplemousse.ca/2017/08/passages-a-niveau-reponse-cp-ne-convainc/

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