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Du verdissement qui ne fait pas l’unanimité

Environnement
verdissement
Louise Bourque considère également que les aménagements ont été « mal réfléchis ». Situés entre le trottoir et la bordure de la rue, les plantes qui y seraient aménagées finiront par se faire piétiner par les citoyens qui sortent de leur automobile. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Les plates-bandes aménagées sur divers trottoirs de l’arrondissement posent plusieurs problèmes auprès des résidents qui n’ont pas la volonté ou le temps de s’en occuper.

Depuis 2010, tous les trottoirs refaits de Rosemont-La Petite-Patrie sont systématiquement dotés de plates-bandes végétalisées lorsque l’espace est disponible afin de combattre les îlots de chaleurs.

En vertu du Règlement 19 sur la propreté et la protection du domaine public, ce sont les citoyens qui sont chargés d’entretenir l’aménagement. Or, certains d’entre eux déplorent le fait qu’elles leur sont imposées.

« Le problème est que les gens n’ont jamais été consultés pour savoir si ça nous tente d’avoir ça et de l’entretenir », déplore Louise Bourque, une résidente de La Petite-Patrie, en pointant la plate-bande de plus de trois mètres creusée dans le trottoir situé face à son domicile.

Un inconvénient plutôt qu’un atout

Plusieurs déchets peuvent être retrouvés dans les espaces verts aménagés en bordure du trottoir. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Puisque celle-ci manque à son devoir par faute de temps et d’envie, sa bande végétalisée est devenue un inconvénient plutôt qu’un atout. Des excréments de chiens, divers déchets et de l’herbe à poux ont fini par s’y empiler…au bonheur des mouches qui peuvent être aperçues au-dessus du trottoir, mais au malheur de la fille de Mme Bourque qui a développé des allergies. « Le verdissement vient de prendre le bord pour des problèmes de santé publique, précise la résidente. C’est vrai qu’il y a un problème d’îlots de chaleur, mais le moyen n’est tout simplement pas bon. »

Selon elle, il est idéaliste de croire que les résidents de sa rue entretiendront des plates-bandes alors qu’ils ont l’habitude de laisser traîner leurs déchets en dehors des heures de collecte ou directement sur le trottoir. « Peut-être qu’il y a des résidents sur certaines rues qui veulent bien s’en occuper, mais ce n’est pas la réalité de tout le monde », fait valoir Louise Bourque, qui précise être habituellement « pro-verdissement ».

Elle estime que l’arrondissement aurait dû mettre quelque chose qui aurait été à la fois simple au niveau de l’entretien et efficace pour combattre les îlots de chaleur, comme des arbres ou des fleurs avec des copeaux de bois.

Faire sa part

Contacté à ce sujet, le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau, croit que « tous les citoyens doivent faire leur part » pour s’assurer qu’il n’y ait pas de déchets sur l’espace urbain ou d’herbe à poux.

« Ce n’est pas uniquement à l’arrondissement d’agir comme bon citoyen », insiste M. Croteau, en précisant qu’un sondage a révélé que 80 % des résidants de Rosemont-La Petite-Patrie entretiennent l’espace de verdure face à leur domicile. Selon lui, le problème n’est pas le verdissement en soi, mais plutôt le manque de civisme de certains citoyens.

« Est-ce que la solution pour lutter contre l’herbe à poux ou autres types de nuisances serait de ne pas verdir notre espace urbain ? Je pense que c’est mal posé la question. Je pense également que les citoyens ont une question légitime, mais je ne pense pas que ça prenne trois heures le soir à arranger. Je le fais en face de chez moi personnellement depuis six ans et je dois avoir mis 20 minutes pendant tout mon été. Ce n’est pas beaucoup demander pour améliorer la beauté de notre arrondissement », répond le maire de Rosemont-La Petite-Patrie.

À lire également : Un citoyen fait la guerre à l’herbe à poux

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