Publicité

Airbnb : une taxe sur l’hébergement qui ne règle pas le fond du problème

Immobilier
airbnb
Rosemont-La-Petite-Patrie est le troisième arrondissement où l’on retrouve le plus d’offres sur Airbnb, après Ville-Marie et le Plateau Mont-Royal. (photo : Image libre de droits – Pixabay.com)

La plateforme d’hébergement touristique Airbnb percevra une taxe sur les séjours de 31 jours ou moins. Un pas dans la bonne direction selon le Comité logement de La Petite-Patrie, qui demande toujours une règlementation plus ferme.

À compter du 1er octobre 2017, Airbnb percevra automatiquement la taxe de 3,5 % sur l’hébergement (TSH) pour les réservations effectuées dans les 22 régions touristiques du Québec. Airbnb remettra ensuite à Revenu Québec les informations relatives aux montants perçus pour chacune des régions sur une base trimestrielle.

Conclue avec le gouvernement du Québec, il s’agit de la première entente fiscale de ce genre au Canada. Revenu Québec mettra également en place une équipe de 25 inspecteurs chargés de « sensibiliser les locateurs et d’assurer le respect des lois et règlements en vigueur ».

« [L’entente annoncée aujourd’hui] se veut une réponse aux préoccupations véhiculées notamment par l’industrie touristique et contribuera à assurer une saine concurrence dans le secteur de l’hébergement », a mentionné la ministre du Tourisme, Julie Boulet.

Offre commerciale ou collaborative?

Les autres plateformes d’hébergement touristique semblables à celle d’Airbnb pourront également percevoir la taxe sur l’hébergement.

« Notre gouvernement a d’ailleurs l’intention de préciser certains éléments qui devraient tracer la ligne entre l’économie collaborative et les activités commerciales en matière d’hébergement touristique en proposant, dès cet automne, des modifications à l’encadrement actuel », a ajouté Mme Boulet.

Ainsi, le gouvernement accordera au ministère du Tourisme des pouvoirs de réglementation via un projet de loi omnibus qui lui permettra de faire la distinction entre une personne morale et une personne physique ainsi qu’une distinction entre résidente principale et résidence secondaire. Le projet de loi permettra également de se pencher sur le nombre de jours permis avant que le logement représente une activité commerciale.

Selon le cabinet de la ministre du Tourisme, 990 300 touristes ont utilisé les services des hôtes québécois ayant placé leur logement sur Airbnb en 2016. La durée moyenne des séjours était de 3 nuitées.

Règlementation plus ferme réclamée

Pour Martin Blanchard, coordonnateur au Comité logement de la Petite-Patrie, cette entente est un bon pas dans la bonne direction dans le sens où elle aidera à préciser des concepts qui permettent de contourner la loi. Or, il demeure qu’elle ne règle pas le fond du problème, comme la perte du parc locatif dans La Petite-Patrie (évalué à une centaine de logements selon le Comité logement), la pression sur la hausse des loyers ainsi que les nuisances reliées au bruit et aux punaises de lit.

M. Blanchard milite plutôt qu’il y ait une limite aux nombres de jours où un logement peut être offert en location sur Airbnb. Également, la location ne pourrait être exercée que par l’occupant. « On ne veut pas interdire Airbnb, car il y a beaucoup de locataires qui nous disent que c’est un avantage pour eux. On veut simplement trouver quelque chose qui va permettre de réduire le plus sévèrement possible les effets négatifs », fait valoir le coordonnateur du Comité logement.

Selon lui, l’entente qui vient d’être conclue entre Airbnb et le gouvernement du Québec pourra être contournée par des locataires qui se font payer en argent comptant. Selon ses dires, ce genre de transaction se ferait déjà valoir en Gaspésie. « La loi est faite pour avoir le moins d’impact possible sur Airbnb. Tant que nous serons dans cette philosophie, on va continuer d’avoir les multiples problèmes que nous avons identifiés. Ils ne sont pas tant au niveau de l’argent que l’État peut se faire, mais plutôt au niveau des nuisances que les résidents ont à subir face à Airbnb qui est en croissance constante », déplore Martin Blanchard.

La Petite-Patrie : populaire auprès des locataires Airbnb

Rappelons que La Petite-Patrie est considérée comme un quartier chaud sur Airbnb. Rosemont-La-Petite-Patrie est le troisième arrondissement où l’on retrouve le plus d’offres sur Airbnb, après Ville-Marie et le Plateau Mont-Royal.

Selon les chiffres de la société AirDNA (www.airdna.co), qui publie des rapports statistiques sur Airbnb, les propriétés les plus « payantes » de l’arrondissement sont pratiquement toutes situées dans La Petite-Patrie, à l’exception de quelques grands logements (3 chambres à coucher et plus) localisés dans le Vieux Rosemont.

Les chiffres obtenus par le journal Pamplemousse.ca auprès de AirDNA révèlent que le taux d’occupation médian dans l’arrondissement était de 52 % en mai 2017 sur 1036 offres disponibles. Le tarif moyen quotidien est d’environ 125 $ au cœur de l’été, peu importe le type de logement.

Vos commentaires
loading...