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Îlots de chaleur : la lutte passe par le verdissement

Environnement
Il y a 4 ans, l’ancienne friche urbaine surnommée « Parc des Gorilles » avait été transformée en terrain vague et recouverte de gravier par le groupe Olymbec, qui fait actuellement face à un processus d’expropriation, ce qui accentue l’effet d’îlot de chaleur déjà très prononcé dans ce secteur.
Il y a 4 ans, l’ancienne friche urbaine surnommée « Parc des Gorilles » avait été transformée en terrain vague et recouverte de gravier par le groupe Olymbec, qui fait actuellement face à un processus d’expropriation, ce qui accentue l’effet d’îlot de chaleur déjà très prononcé dans ce secteur. (photo : Simon Van Vliet)

Rares sont les endroits où l’on peut échapper à la canicule dans La Petite-Patrie, où les îlots de chaleurs recouvrent la quasi-totalité du territoire.

Même si l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie a été l’un des pionniers dans la lutte aux îlots de chaleur, notamment avec la mise en place de mesures de réduction des effets d’îlot de chaleur, la forte densité du cadre bâti et le faible taux de verdissement dans La Petite-Patrie font de ce quartier un territoire très vulnérable à la formation d’îlots thermiques urbains (ITU). Les ITU sont des secteurs où la température est significativement plus élevée que dans les secteurs avoisinants, avec des différences pouvant aller de 5 à 10 degrés Celsius.

Selon une cartographie réalisée par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et le Centre d’enseignement et de recherche en foresterie (CERFO) à partir des données sur les îlots de chaleur et de fraicheur urbains, la température de surface dépasse le seuil tolérable des 32 degrés Celsius sur l’immense majorité du territoire de La Petite-Patrie.

Marconi-Alexandra, un quartier hot!

Le phénomène, documenté depuis plus de 10 ans, est particulièrement marqué dans l’ouest de La Petite-Patrie, notamment dans le secteur Marconi-Alexandra. Cet ancien quartier industriel compte « très peu d’espaces verts », observe la responsable du développement la Société de développement environnemental de Rosemont (SODER), Joëlle Simard. Le projet de Chemin Vert qui y est actuellement  développé par la SODER vise justement à augmenter le couvert végétal dans ce secteur qui ne comporte à l’heure actuelle qu’un seul parc.

« On va toucher des espaces très minéralisés, notamment des espaces de stationnement », explique Joëlle Simard qui souligne que le projet de Chemin Vert vise la création d’un corridor de biodiversité de 1,2 kilomètre le long de l’ancienne emprise de voie ferrée du Canadien Pacifique. Ce corridor inclura notamment un espace vert de près de 6 000 mètres carrés qui pourrait devenir le premier îlot de fraîcheur du quartier.

Il y a 4 ans, l’ancienne friche urbaine surnommée « Parc des Gorilles » avait été transformée en terrain vague et recouverte de gravier par le groupe Olymbec, qui fait actuellement face à un processus d’expropriation, ce qui accentue l’effet d’îlot de chaleur déjà très prononcé dans ce secteur.

Déminéraliser la ville?

Il y a quatre ans, l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie s’était engagé à adopter une nouvelle norme d’aménagement des aires de stationnement. Destinée à réduire la formation d’lîots de chaleur au sol, cette mesure devait s’ajouter aux exigences renforcées de l’arrondissement en matière de construction ou de rénovation des toitures.

À ces mesures ciblées, qui touchent principalement les constructions neuves, s’ajoutent toute une série de mesures d’aménagement et de végétalisation de l’espace public et de l’espace privé, dont bon nombre sont réalisées réalisées en collaboration avec la SODER. « On vient lutter en grande partie contre les îlots de chaleurs », confirme Joëlle Simard qui insiste sur l’importance d’impliquer la population dans les initiatives de verdissement à petite échelle qui contribuent à créer des îlots de fraîcheur, voire même des « îlots comestibles ».

 

« On encourage beaucoup l’appropriation de l’espace public par les résidents », ajoute-t-elle en soulignant que l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie a dépassé récemment le cap des 100 ruelles vertes.

[NDLR : Par souci de transparence, nous tenons à souligner que l’auteur de ce texte est activement impliqué, depuis 2013, dans la mobilisation locale autour du Parc des Gorilles.]

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