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Gabriel Nadeau-Dubois : de militant à député

Politique
Gabriel Nadeau-Dubois
Gabriel Nadeau-Dubois a été élu député de Gouin lors de l’élection partielle du 29 mai avec 69,22 % des voix. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

En 2012, Gabriel Nadeau-Dubois s’est fait connaître comme militant. En 2017, il est désormais connu comme député de Gouin. Pourtant, il aura fallu que les astres s’alignent pour que le jeune homme se décide finalement à passer d’un monde à l’autre.

Voilà que depuis un mois, l’ancien leader de la grève étudiante du Printemps érable peut se dire « député de Gouin ». Un titre qui sonne drôle à ses oreilles ? « Je commence à m’habituer », avoue-t-il lorsque le journal La Petite-Patrie l’a rencontré dans son bureau de la rue Beaubien, qui était anciennement celui de Françoise David.

Celui-ci admet toutefois qu’avoir été élu avec 69 % des voix lui permet de prendre les rênes avec plus de confiance. « C’est certain que la clarté du mandat qui m’a été donné aide beaucoup à ne pas me sentir imposteur. Je sais que les gens veulent que je sois ici. C’est plus facile, car je n’ai pas d’hésitations à jouer à mon rôle », explique-t-il.

Se lancer en politique

Pourtant, Gabriel Nadeau-Dubois réfutait les approches de tous les partis politiques lorsque le public l’a connu en 2012. Certains pariaient qu’il allait faire son entrée dans le monde syndical, comme son père. De son côté, Gabriel Nadeau-Dubois s’enlignait plutôt pour devenir professeur à l’université avec son baccalauréat en histoire, culture et société de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Cinq ans plus tard, le vent a finalement fini par tourner lors de la tournée citoyenne « Faut qu’on se parle » à laquelle il a pris part avec un collectif de militants en 2016.

« Je me suis promené partout au Québec et j’ai rencontré des centaines de personnes dans toutes les régions. Cette proximité avec les gens, les entendre me parler de leurs inquiétudes, de leurs craintes, de leurs insatisfactions ainsi que de leurs espoirs, leurs rêves et leurs envies que le Québec change m’a vraiment donné le goût de faire de la politique », témoigne-t-il.

La main tendue de Françoise David, qui lui annonçait en primeur qu’elle quittait le monde politique et qu’elle désirait que sa place soit prise par quelqu’un de la relève, l’a alors mené à faire le grand saut plus rapidement qu’escompté. « Les astres se sont alignés. La tournée Faut qu’on se parle venait de se terminer, c’est un quartier que j’aime beaucoup et le contexte semblait bon. Je ne pouvais pas rater cette occasion », raconte-t-il.

Se rapprocher des citoyens

Gabriel Nadeau-Dubois dit avoir tiré beaucoup de leçons de sa démarche politique. Parmi elles, il croit que la gauche doit concrétiser ses propositions et son projet de société pour être plus claire vis-à-vis des citoyens. « La gauche est bonne pour défendre les grands principes, les grands idéaux. Mais parfois, la difficulté est d’expliquer concrètement comment ça peut améliorer la vie des gens », pense M. Nadeau-Dubois.

Ainsi, au cours des prochains mois, il travaillera à améliorer le discours de Québec solidaire, à investir davantage de ressources « pour construire des associations fortes » et à recruter des candidatures connues en région. « Ça ne veut pas dire d’aller chercher des vedettes de téléréalité. Ça veut dire chercher des personnes connues dans leur milieu parce qu’ils ont fait des projets, ont occupé des fonctions importantes ou ont été impliqués dans des mobilisations », précise le député.

Tout ça, c’est en plus de reprendre les dossiers laissés en suspens depuis le départ de Françoise David, de faire des pressions politiques et de mettre en place une plateforme de démocratie participative « sans précédent ». Il ne reste plus qu’à voir si le galop qu’il a pris entre la grève étudiante et son nouveau poste de député est assez grand pour mener Québec solidaire à un niveau supérieur lors des élections provinciales qui se tiendront en 2018.

À lire également : Triomphe de Gabriel Nadeau-Dubois

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