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Une enquête sur Airbnb déposée au conseil d’arrondissement

Politique
Airbnb
Beaucoup de résidents se sont présentés au conseil d’arrondissement du 5 juin, malgré la pluie. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Le Comité logement de la Petite-Patrie a déposé un rapport d’enquête sur Airbnb lors du conseil d’arrondissement du 5 juin dernier.

Le groupe communautaire demande aux élus de « légiférer pour interdire l’hébergement touristique dans le stock de logements locatifs, via les plateformes de type Airbnb ou par tout autre moyen ».

Selon l’enquête menée par le Comité logement de La Petite-Patrie en novembre 2016, ces plateformes engendrent une diminution de l’offre locative et donc une hausse du prix des loyers à cause de l’augmentation de la demande. C’est sans compter les nuisances qui peuvent se faire valoir, comme la fête à toute heure de la journée, la mauvaise gestion des ordures et même le recours à des escortes.

Les nuisances de Airbnb

À cet effet, le Comité logement de la Petite-Patrie a tenu une consultation citoyenne le 31 mai dernier afin d’obtenir l’opinion des résidents et savoir comment ils vivent avec le phénomène.

« Je m’attendais à ce que les gens me parlent de la perte de logements locatifs, mais pas autant des nuisances. […] Il y a des gens qui louent le logement à l’année. Ça devient des hôtels dans les rues résidentielles et ça concerne la majeure partie des logements loués sur Airbnb dans La Petite-Patrie », a témoigné l’organisateur communautaire au Comité logement de La Petite-Patrie, Martin Blanchard, lors de son temps au micro.

À son avis, l’encadrement des plateformes d’hébergement touristique temporaire pourrait peut-être atténuer le fléau que sont les punaises de lit. « Je discutais avec des locataires de la rue de la Roche et ils ne savent pas d’où viennent les punaises, mais ce qu’ils savent par exemple, c’est que le logement situé à côté a un gros roulement de locataires », a-t-il expliqué.

Suite à la consultation citoyenne, le Comité logement de la Petite-Patrie propose d’autoriser la location d’un logement sur Airbnb que sur une durée raisonnable qui est, à titre d’exemple, de 30 jours et éviter que le coût de location soit supérieur au loyer sur le bail. Il est également souhaité que seul l’occupant d’un logement ait le droit de louer son logement sur Airbnb.

Avis de motion

Pour sa part, le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau, assure tenir compte du problème. « Il y a un ensemble de nuisances qui ne sont pas perceptibles à première vue et il y a la perte de logements locatifs, qui est absolument déplorable. C’est ce à quoi on veut s’attaquer en premier comme administration », a-t-il répondu.

À ce propos, un avis de motion a été déposé au conseil d’arrondissement du 8 mai 2017 « afin d’autoriser et d’encadrer la location de courte durée (moins de 31 jours) en faveur d’une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile, dans le cadre de l’adoption d’une stratégie sur l’économie collaborative et d’une stratégie de protection du parc d’unités d’habitation et de logements locatifs ». L’encadrement envisagé viserait également une procédure spécifique en matière de contrôle des nuisances.

« Ça viendrait empêcher que des duplex, des triplex ou même des quintuplex se transforment en hôtels déguisés à longueur d’année sur des rues résidentielles. On veut amener un règlement qui va nous aider à empêcher cette dérive, qui nuit à la qualité de vie du quartier », a tranché le maire lors du conseil d’arrondissement.

L’administration de Rosemont-La Petite-Patrie travaille actuellement à peaufiner les détails de la motion.

Airbnb dans La Petite-Patrie en chiffres

  • En date du mois de mai 2016, 1 288 offres d’hébergement dans Rosemont-La-Petite-Patrie ont été annoncées sur la plateforme AirBnb ;
  • De ce chiffre, 769 offres (59,7 %) étaient des appartements ou des maisons complètes tandis que 501 offres (38,9 %) étaient des chambres à louer ;
  • Sur les 769 appartements ou maisons complètes à louer, 54.7 % (421 logements) sont disponibles 269 jours par année en moyenne. Le pourcentage grimpe à 60,2 % pour les 1288 logements ;
  • Pour les 769 logements complets à louer, le prix moyen par nuit est de 93 $.

Source : Comité logement de la Petite-Patrie, Airbnb : L’économie sans partage — Enquête sur le pillage par Airbnb du parc de logements locatifs de la Petite Patrie, novembre 2016.

À lire également : Airbnb dans la mire du Comité logement de La Petite-Patrie

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