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Quand Rosemont-La Petite-Patrie rime avec punaises de lit

Immobilier
punaises de lit
Les punaises de lit sont un véritable fléau dans La Petite-Patrie. (photo : Louento.pix -https://www.flickr.com/photos/lou_bugs_pix/5424452420/in/photostream/)

Période des déménagements rime bien souvent avec risque de punaises de lit. À cet effet, Rosemont-La Petite-Patrie figure dans le top des arrondissements les plus concernés par cette problématique.

C’est du moins ce que rapporte une carte élaborée par Radio-Canada l’an dernier dans laquelle sont recensées les exterminations rapportées à la Ville de Montréal de 2011 à 2016. Celle-ci ne précise pas le nombre d’exterminations effectuées dans chacun des arrondissements. Toutefois, la couleur accordée à Rosemont-La Petite-Patrie fait valoir que le quartier est l’un de ceux qui a reçu le plus d’interventions pendant ces périodes.

Le comité logement de la Petite-Patrie confirme également le fléau. En 2016, l’équipe a traité 447 demandes reliées à la présence de vermine, surtout des punaises. Une augmentation de 8 % comparativement à l’année précédente. « Le fléau est tellement rendu gros dans Petite-Patrie et à Montréal qu’on ne peut plus penser régler le problème simplement en étant plus vigilants, bien qu’il faut continuer de l’être », affirme Martin Blanchard, coordonnateur au comité logement de la Petite-Patrie.

Même son de cloche pour la part de trois exterminateurs du quartier contactés par Pamplemousse Petite-Patrie. Selon Franck Pulcini, qui oeuvre chez Extermination Centrale ltée, la demande pour éradiquer des punaises de lit augmente de 10 à 15 % chaque année. « C’est de pire en pire. Mais cette année surtout, c’est assez grave », remarque-t-il.

Extermination de masse

Le problème serait plus fréquent et difficile à contrer dans les tours d’habitations étant donné qu’il y a plusieurs résidents. Les punaises arrivent à se faufiler chez les voisins par les portes et les exterminateurs doivent constamment revenir.

L’an dernier, l’équipe du comité logement a évacué 54 locataires qui résident dans un bloc de la rue Drolet afin de pouvoir résoudre le problème. Des inspecteurs de l’Arrondissement et de la Ville-Centre ainsi que des intervenants du Rebond et du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) étaient de la partie tant les appartements étaient infestés. « On a montré que c’était possible de remédier au problème, mais disons que ça prend beaucoup de moyens », admet toutefois Martin Blanchard.

Le comité logement de La Petite-Patrie compte inspecter 10 autres logements d’ici décembre 2018. « On veut faire des petits, des moyens et de gros immeubles. On veut avoir 10 différents cas et construire une boîte à outils qu’on va pouvoir offrir aux autorités et aux autres groupes pour leur expliquer comment faire. Le but est de montrer qu’il faut une intervention massive », explique le coordonnateur du comité logement.

Des punaises voyageuses

Les punaises de lits peuvent provenir de partout. Elles voyagent également avec facilité, en avion comme en autobus, en s’accrochant aux meubles, au matelas, aux vêtements et aux sacs à main.

Le problème est apparu dans les années 1950. Il a toutefois été éradiqué après quelques années grâce à des produits hypertoxiques. Les punaises de lit ont toutefois fait un grand retour dans les années 1990 avec le tourisme. « On pense que ça vient du monde sur l’aide sociale, mais c’est revenu à cause des gens riches qui ont voyagé dans des pays exotiques », raconte Martin Blanchard. Selon lui, le problème serait d’ailleurs accentué par les voyageurs Airbnb. Sur la rue de la Roche, un triplex s’est mis à avoir des problèmes de punaises depuis que les deux immeubles voisins offrent des locations sur la plateforme d’hébergements touristiques.

L’inaction des instances politiques a également fait en sorte que le problème s’est multiplié. M. Blanchard plaide ainsi pour qu’il y ait plus de concertation. Selon lui, il faut également sensibiliser les propriétaires et les locataires à la problématique. Certains se montrent réticents à la présence d’inspecteurs. « On est là pour protéger les droits des locataires, mais si un locataire continue d’avoir des punaises et ne collabore pas, on va lui dire qu’on ne le protège plus », assure le coordonnateur.

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