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Front commun contre l’augmentation des baux à la CSDM

Éducation, Vie de quartier
CSDM
Plusieurs organismes communautaires ont dénoncé les hausses de loyers exigées par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) lors d’une manifestation qui s’est déroulée le 24 mai dernier. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Plusieurs membres d’organismes communautaires dénoncent les hausses de loyers exigées par la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

Plus de 50 organismes logés dans les bâtiments excédentaires de la CSDM devront subir une hausse considérable de leur loyer pouvant dépasser 100 % . Si le bâtiment est loué par plusieurs locataires, une majoration de 25 % sera appliquée à chacun d’entre eux pour l’usage d’escaliers ou d’espaces communs.

Couper, déménager ou se résigner

Dans Rosemont-La Petite-Patrie, le Bureau de la communauté des Haïtiens de Montréal (BCHM) ainsi que le Mouvement Action Justice (MaJ) sont concernés par la situation. Ce dernier, qui oeuvre à ralentir les abus de pouvoir, possédait un loyer annuel de 2 685 $ à son arrivé en 2007 sur l’avenue Christophe-Colomb. À partir du mois de juillet, l’organisme devra se résigner à payer 4 025 $, à couper dans ses services ou à déménager.

« Faute de difficultés financières, le conseil d’administration de Mouvement Action Justice a pris une décision amère : celle d’annuler le bail de l’un de ses bureaux dans la même bâtisse que nous occupons présentement, qui sert à des rencontres confidentielles avec les usagers afin de rédiger leurs plaintes destinées à la déontologie policière et autres cas similaires », se désole le Président de Maj, Hadj Zitouni, qui dit n’avoir reçu aucune explication de la part de la CSDM.

Le commissaire indépendant de Rosemont-La Petite-Patrie, Jean-François Gosselin, déplore également la situation. « Les organismes sont aux prises avec cette augmentation, sans avoir une façon d’augmenter leurs revenus », s’inquiète-t-il. Avec une subvention de 34 500 $, le MaJ doit payer le loyer, le salaire d’une secrétaire, la préparation des émissions de radio, les services internet, le téléphone et les fournitures de bureau. « Nous avons communiqué cette situation à la CSDM, mais sans aucune issue », désespère M. Zitouni. Devant l’augmentation constante de sa clientèle, celui-ci dit devoir sacrifier « une grande partie de notre vie de manière bénévole pour la cause ».

Entretenir le parc immobilier

De son côté, la Commission scolaire de Montréal justifie la hausse des loyers par le besoin de faire des rénovations dans ses immeubles excédentaires — 68 selon les données fournies. Or, les loyers actuels sont trop bas pour payer l’entretien. C’est d’autant plus qu’aucune aide financière pour mener des travaux sur ces bâtiments, où sont installés groupes communautaires et CPE, n’est octroyée. Elle se retrouve donc prise entre l’arbre et l’écorce.

« Si on pouvait, on offrirait des baux au rabais. Mais si on n’investit pas dans nos immeubles, dans quelques années, certains édifices devront être condamnés. Ce qui n’est pas une bonne chose ni pour les organismes qui perdront leur toit ni pour la commission scolaire qui a pour mission de conserver ses bâtiments publics », a expliqué la présidente de la CSDM, Catherine Hardel Bourdon, lors du conseil des commissaires.

Celle-ci invite notamment les représentants des groupes et des CPE à cogner à la porte des autres paliers gouvernementaux pour recevoir de l’aide. D’ailleurs, le conseil des commissaires a adopté une résolution pour demander du soutien de la Ville de Montréal à ce chapitre, dans le cadre de la future politique de développement social, qui sera votée en juin prochain.

Partenariat réclamé

Pour le commissaire indépendant de Rosemont-La Petite-Patrie, ce n’est pas la meilleure façon d’intervenir. « On a un problème, car on est en train de perdre des locataires à certains endroits à cause des hausses de baux. On se retrouve donc avec moins de revenus puisqu’on a moins de locataires », remarque-t-il. Plusieurs organismes menacent notamment de ne pas signer.

M. Gosselin croit plutôt que la CSDM devrait s’allier aux organismes afin de faire pression sur le gouvernement et pouvoir maintenir les services en place. « La CSDM se tire dans le pied puisque les organismes offrent des services aux familles qui sont dans nos quartiers. Le BCHM, par exemple, envoie des intervenants à l’école Père-Marquette et offre un service d’aide aux devoirs. Mais lorsqu’on augmente leur loyer, ils ne sont plus en mesure d’offrir ces services aux élèves et aux écoles », déplore le commissaire.

Celui-ci admet que les organismes ont toujours la possibilité de déménager. Toutefois, ce n’est pas les locaux à bon prix qui courent les rues dans les quartiers centraux de la métropole. Les services sont offerts dans un quartier précis, ce qui limite d’autant plus les choix.

D’autres organismes qui ne doivent pas signer de baux dès cette année, mais qui anticipent leur tour, ont signé une déclaration solidaire pour dénoncer la situation. Parmi eux, on compte les organismes logés au 6839, rue Drolet dans La Petite-Patrie.

Cet article rédigé avec la collaboration de Anne-Marie Tremblay

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