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Ça roule pour Pâtisserie Bicyclette

Économie
Pâtisserie Bicyclette
Après avoir travaillé comme céramiste, Ariane Maurice a ouvert Pâtisserie Bicyclette en décembre 2015. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Il y a deux ans, la rue Saint-Zotique accueillait la nouvelle pâtisserie Bicyclette. Depuis, celle-ci s’inscrit dans le top 5 des endroits à visiter à Montréal par le New York Times. Coup d’œil sur un commerce qui enchaîne les réussites.

La propriétaire, Ariane Maurice, s’étonne encore de l’article qui a été publié par le célèbre quotidien américain le 11 janvier dernier. C’est surtout qu’elle venait tout juste d’ouvrir boutique lorsque la journaliste a fait sa visite incognito, sans préciser que c’était dans le cadre d’un article pour l’un des plus grands journaux de référence au monde.

« L’article a été publié le jour où je revenais de vacances. J’avais passé mes commandes en me disant que c’était le retour de Noël, que les gens ont beaucoup mangé et dépensé et donc que ça allait être très tranquille. Finalement, on s’est fait ramasser. Le mois qui a suivi a été plus achalandé que le temps des Fêtes ! », se rappelle en riant Mme Maurice.

Céramiste puis pâtissière

Le choix des tartes varie en fonction de la saison. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Avant de mettre ses deux mains dans la pâte, Ariane travaillait comme céramiste à son compte. Sa passion pour les pâtisseries l’a mené à quitter le domaine, suivre des cours à l’ITHQ, faire sa main dans le milieu en travaillant à La Bête à Pain, Dinette Nationale et La Maison Cakao, pour enfin réaliser son rêve de bâtir sa propre entreprise. « Il y a beaucoup de similitudes entre la céramique et la pâtisserie, notamment au niveau de la technique et de la créativité », renseigne-t-elle.

Ainsi est né Pâtisserie Bicyclette en décembre 2015, qui tire son nom d’un outil très utilisé dans le domaine. « Sans compter qu’une roue de vélo avec ses rayons fait un bel écho à une tarte coupée en pointes, » rappelle Ariane.

Dans sa boutique logée rue Saint-Zotique, elle travaille à raffiner de nombreux plaisirs coupables et un dessert grandement associé à la culture québécoise : la tarte. « Il y a tout le temps une tarte dans les fêtes de famille. Il y a une histoire derrière ce produit. Mais souvent, elles sont faites avec 1001 ingrédients plutôt que de vrais fruits. Je trouvais qu’il y avait quelque chose à aller exploiter dans ce produit réconfortant » témoigne la pâtissière.

La saveur avant tout

En plus des tartes, diverses pâtisseries sont offertes comme des scones, des biscuits et des cannelés. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Avec l’aide de deux autres employés, elle s’est donné le mot d’ordre : privilégier la qualité et les produits du Québec. Les choix de pâtisseries varient selon les fruits offerts pendant la saison. « C’est certain qu’on ne retrouvera pas de fraises dans mes tartes en février, dit-elle. Je veux que le produit soit à son meilleur. »

À cet égard, elle reçoit ses fruits directement d’un producteur qui se rend à son commerce. « Je ne prends pas le fruit pour le transformer en gelée et pour ensuite le retransformer. Je prends la fraise, je l’équeute et je la mets dans la tarte. Ensuite, la quantité de sucre est jugée selon le fruit », ajoute Mme Maurice, qui ne lésine pas sur la quantité. Ses tartes pèsent près d’un kilogramme.

Afin de conserver un bon rapport qualité-prix, la pâtissière a dû se résigner à faire un trait sur les produits biologiques. « Mon prix de revente serait ridicule, déjà que le beurre non bio est super cher ! » lance-t-elle. Pour une tarte de huit à dix portions, il faut s’attendre à débourser 26 $. La propriétaire est bien consciente que le produit n’est pas accessible à tout le monde, si on considère qu’un étudiant payé au salaire minimum devra travailler près de trois heures pour se payer un tel dessert. C’est pourquoi elle essaie de compenser avec des pets de sœur à 75 sous l’unité, des scones à 2,75 $ ou encore avec des biscuits faits maison à 1,25 $. « Je ne voulais pas un commerce trop intimidant. C’est important pour moi de pouvoir rejoindre tout le monde », assure-t-elle.

De plus en plus connu

Six mois plus tard, quelques Américains font encore un détour pour goûter aux petits plaisirs de Pâtisserie Bicyclette. Bien que la propriétaire continue de s’en réjouir, son objectif est avant tout de séduire les gens du quartier. Ariane considère notamment répondre à une demande. « Il y a beaucoup de boulangeries dans le quartier, mais pas de pâtisserie », remarque-t-elle.

Le restaurant Luciano et la boutique Veux-tu une bière ?, situés à quelques mètres, ont ouverts au même moment. Ensemble, ils s’unissent pour revamper la rue Saint-Zotique.

« Les anciens occupants commencent à partir et font place à de jeunes familles. Les gens sont super ouverts et impliqués. Il y a toujours des fêtes de ruelles et tout le monde jardine sur son carré de trottoir. Ça ne peut que donner le goût de venir s’y installer », se réjouit Ariane Maurice, qui continue de pédaler fort pour poursuivre les réussites.

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