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Une signalisation qui suscite l’inquiétude des commerçants

Économie, Transport
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La ruelle située à la hauteur des rues de Saint-Vallier, Bélanger, Saint-Denis et Jean-Talon fera objet d’une nouvelle signalisation pour limiter l’accès aux véhicules lourds, ce qui suscite l’inquiétude de plusieurs commerçants. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Les commerçants situés dans la ruelle à la hauteur de Saint-Vallier, Bélanger, Saint-Denis et Jean-Talon s’inquiètent d’une nouvelle signalisation qui limite les heures de livraison et l’accès aux véhicules lourds.

Les commerces qui ont témoigné de leur inquiétude au journal La Petite-Patrie sont tous situés sur la rue Saint-Denis et reçoivent leurs livraisons par la ruelle. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Les commerces qui ont témoigné de leur inquiétude au journal La Petite-Patrie sont tous situés sur la rue Saint-Denis et reçoivent leurs livraisons par la ruelle. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

À partir du 5 mai 2017, la ruelle de Saint-Vallier/Bélanger/Saint-Denis/Jean-Talon sera interdite d’accès en permanence aux camions de plus de 10 mètres. Les camions lourds ne pourront également plus y circuler entre 18 h 30 et 9 h. C’est sans compter l’accès de la ruelle par la rue Bélanger, qui sera interdite en tout temps. Les camions pourront uniquement sortir de la ruelle par cette rue. Dans une lettre de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie envoyée aux commerçants et aux résidents concernés, il est indiqué que cette décision est issue de la volonté « d’améliorer la sécurité et de limiter la circulation des véhicules lourds ».

La nouvelle signalisation donne également suite à un groupe de résidents, qui presse l’arrondissement d’implanter des mesures pour apaiser la circulation dans la ruelle depuis 1994. Ces derniers avaient informé le journal La Petite-Patrie en novembre dernier que la vitesse maximale permise y était souvent dépassée et que la sécurité des piétons était mise en danger par les camions qui circulent en marche arrière. Une résidente avait qualifié l’endroit de « Far West ».

Du côté des commerçants, l’inquiétude est palpable puisqu’ils dépendent de la ruelle pour recevoir leurs livraisons. « Ça va affecter tout le monde », confie le propriétaire du Marché Hung Phat, Anthony Huynh, qui a rencontré le journal La Petite-Patrie en compagnie des propriétaires du Marché Oriental St-Denis, du Marché Afrique et de Chocolat de Luxe.

Règlementation problématique

Ces derniers se demandent comment ils vont réussir à assurer la viabilité de leurs commerces avec des heures de livraison limitées.

« Les compagnies ne limiteront pas leurs heures de livraison parce qu’on leur dit qu’ils ne peuvent pas passer avant 9 h. Ils ont un itinéraire à respecter et ils ont un temps alloué à chacune des livraisons », explique Suzanne Parent, propriétaire de Chocolat de Luxe.

C’est sans compter le fait qu’ils devront jongler avec l’interdiction d’accès par la rue Bélanger, qui est la seule entrée accessible pour certains camionneurs lorsque celle de la rue Jean-Talon est obstruée par d’autres livreurs.

« C’est impossible de travailler avec un sens unique par la rue Bélanger. C’est comme s’ils nous coupaient les jambes en deux, témoigne pour sa part Clémence Liv, propriétaire du Marché Oriental St-Denis. Les livreurs ont rempli des conditions à leur patron, ne peuvent pas travailler plus que huit heures et doivent servir tout Montréal. Ils ne peuvent pas attendre plus que 15 minutes, ils ne reviendront plus ! »

Aménagement problématique

Sur la lettre envoyée aux commerçants et aux résidents, l’arrondissement stipule que « des zones de livraison ont été aménagées sur les rues Saint-Denis et Jean-Talon, à proximité des commerces, afin de faciliter la livraison en tout temps ». Les commerçants affirment toutefois ne pas pouvoir recevoir de livraison par l’avant de leur magasin étant donné le manque d’espace, l’achalandage trop important de leur clientèle ainsi que la grosseur et lourdeur du matériel, qui s’élève dans certains cas à plusieurs palettes.

« On utilise l’avant et le côté des magasins pour les boîtes qui peuvent se porter manuellement ou avec un chariot, mais on a aussi de la viande et des poissons qui arrivent en gros volume. Ce n’est pas possible de traverser le magasin au complet avec de grosses boîtes. Il faut aussi s’assurer que les mesures d’hygiène soient respectées », explique Clémence Liv.

Pour la propriétaire de Chocolat de Luxe, Suzanne Parent, l’aménagement de cette zone de livraison est problématique par le fait qu’elle interdit le stationnement 24 heures sur 24. Selon elle, ça ne fait qu’empêcher les résidents et les clients de se stationner. Ces derniers utilisent alors la ruelle en se disant que c’est seulement pour quelques minutes. La situation, multipliée par dix, a finalement créé encore plus d’achalandage dans la ruelle… engendrant la grogne des résidents logés autour.

Solution potentielle ?

À savoir s’il existe une solution pour en arriver à un compromis, les commerçants font valoir le désir d’obtenir une petite partie du stationnement appartenant à la Ville de Montréal situé entre la rue de Saint-Vallier et la ruelle afin d’utiliser celle-ci comme « zone tampon » pour les livraisons.

« Ça enlèverait deux stationnements, mais l’arrondissement pourrait interdire l’entrée à la ruelle par la rue Bélanger sans problème. Ça nous permettrait de recevoir nos livraisons sans attendre que nos collègues commerçants finissent de recevoir les leurs », explique Clémence Liv du Marché Oriental St-Denis.

Idéalement, la rue de Saint-Vallier deviendrait à double sens entre le stationnement et la rue Jean-Talon afin que les camionneurs puissent circuler sans causer d’achalandage sur toute la longueur de la ruelle.

« Les camions pourraient alors rentrer par Jean-Talon et sortir par la rue de Saint-Vallier. Si on arrive à faire bouger ça, ça règlerait tellement de problèmes », croit Suzanne Parent.

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