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Élection partielle : continuité, poids politique ou l’entre-deux ?

Politique
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Au total, 10 candidats étaient présents à l’Église Saint-Édouard pour échanger avec les citoyens. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Les candidats à l’élection partielle de Gouin ont échangé avec une centaine de citoyens à l’Église Saint-Édouard hier. Au menu des enjeux locaux abordés : logements, santé et aînés.

Plus d'une centaine de citoyens étaient présents. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Plus d’une centaine de citoyens étaient présents. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Le débat, qui a duré plus de deux heures, était organisé par le Regroupement des tables de concertation de La Petite-Patrie. Tous les candidats à l’élection partielle étaient présents, sauf Alexandre Cormier-Denis, candidat pour le Parti indépendantiste, Michel Leclerc, candidat pour le Parti libre, et le candidat indépendant Sébastien Théodore.

Parmi la dizaine de questions qui ont été posées par des citoyens, les candidats ont principalement débattu sur la question des logements, des aînés et de la santé. Plusieurs leur ont également demandé de prendre position sur des questions d’ordre national, comme la question de la souveraineté, et des relations avec les autochtones. Bien que ces questions possèdent leur importance au sein de l’espace public, plusieurs candidats semblent avoir oublié que le gouvernement restera en place et qu’ils n’auront que 18 mois pour tenir leurs promesses électorales ; un élément qui a néanmoins été souligné par les « petits » partis politiques.

« Il n’y a personne qui peut construire le Québec de demain en 18 mois », a lancé d’emblée le candidat du Bloc Pot, Jean-Patrick Berthiaume.

« Je suis déçue des candidats qui se présentent pour les grands partis en promettant mer et monde, sans jamais arriver à la mer ni au monde », a poursuivi l’ancienne travailleuse communautaire Nicole Goulet, candidate pour le parti Citoyens au pouvoir.

Accessibilité aux logements

C’est ainsi qu’à la première question qui portait sur le manque de logements sociaux dans le quartier et sur l’augmentation des loyers, Jonathan Marleau en est venu à dire qu’il ne peut pas promettre de grandes avancées dans un délai de 18 mois.

Il affirme toutefois vouloir « travailler de concert avec les élus municipaux », notamment pour encadrer « de façon plus claire et plus sévère » les plateformes d’hébergements touristiques. M. Marleau, qui a dû se défendre du scepticisme des autres candidats à son égard tout au long de la soirée, a également souligné sa volonté de travailler avec le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, qui va déposer un projet de loi visant à donner plus de pouvoir aux municipalités.

« Si je suis élu, je vais être quelqu’un au sein du caucus du gouvernement qui va être capable d’influencer ceux qui écrivent les lois, dans un sens que les gens acceptent », a-t-il plaidé.

Pour sa part, le candidat de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a rappelé les réussites de Françoise David, sa prédécesseure, en matière de logements avec le projet de loi 492, qui vise à interdire l’éviction des locataires aînés. « C’est vraiment un bel exemple de ce que Québec solidaire peut apporter, même si ce n’est pas le parti qui est au pouvoir », a-t-il dit. Il en est ainsi venu à prôner la continuité du travail de l’ancienne députée de Gouin et sa volonté de s’en inspirer.

« Il faut protéger le parc locatif en encadrant les plateformes comme Airbnb et en modernisant la loi sur la Régie du logement, qui a encore plein de trous et qui permet malheureusement à des propriétaires et des spéculateurs d’évincer les locataires des logements », a expliqué M. Nadeau-Dubois. Le candidat solidaire admet qu’il faut aussi « investir massivement en logements sociaux publics ».

Comme son adversaire Jonathan Marleau, il désire également se faire partenaire des élus municipaux ; entre autres pour assurer la salubrité des logements. « Se loger sans avoir à dépenser 60 à 75 % de son budget, ce n’est pas un privilège, c’est un droit », a lancé M. Nadeau-Dubois en conclusion.

Peu de petits partis ont réussi à donner leur opinion sur la question, stipulant que le domaine relève d’un enjeu municipal.

Aînés et santé : une priorité

La citoyenne Carole Fontaine s’est présentée au micro pour souligner le manque de ressources pour les aînés, réclamant la mise en place d’un numéro téléphonique pour les aider dans leurs besoins outre celui des Centres locaux de services communautaires (CLSC). « On les oublie souvent. La vieillesse vient plus vite que l’on pense. Il ne faut pas croire que la jeunesse est éternelle non plus », a-t-elle lancé aux dix candidats, qui sont majoritairement dans la vingtaine.

Le candidat du Parti conservateur du Québec, Samuel Fillion-Doiron, a réussi à se démarquer de ses homologues en partageant une tranche de son vécu.

« Ma mère a 49 ans et vit dans un centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) puisqu’elle a la sclérose en plaques. Ce qu’elle mange, c’est dégueulasse. Il faut lui payer un bain, car sinon elle n’en aura pas un avant longtemps. Ils sont en train de construire des bains-douches, mais ça tarde à arriver parce que c’est le gouvernement. […] Ce qu’on dit au Parti conservateur du Québec, c’est que tout le monde doit jouer un rôle pour nos aînés », a partagé M. Fillion-Doiron en rappelant « le calvaire » pour les jeunes qui vivent également dans les CHSLD.

À cet égard, le Parti conservateur du Québec réclame qu’une personne sortant de l’hôpital ait un endroit où vivre à l’intérieur de 72 heures, sans quoi c’est le gouvernement qui devra payer. Le parti désire également augmenter l’aide aux aidants naturels.

« Je l’ai été jusqu’à l’âge de 16 ans et laissez-moi vous dire que construire une rampe avec des petits bouts de bois ramassés dans une cour, je l’ai fait je sais pas combien de fois. J’aimerais ça que ma mère reste à la maison, mais ils ont décidé que ça ne se ferait pas ainsi. Pourtant, je suis certain qu’il y a des préposés aux bénéficiaires et des infirmières qui ont assez de cœur pour les aider à la maison », a conclu le candidat sous les applaudissements de la centaine de citoyens présents dans la salle.

Gabriel Nadeau-Dubois et le candidat de la Coalition Avenir Québec (CAQ), Benjamin Bélair, se sont montrés en accord pour dire qu’il faut absolument faire un réinvestissement massif dans les soins de longue durée et les soins à domicile. « On est une société riche et on débat du nombre de fois qu’il faut alimenter ou donner un bain à quelqu’un. C’est intolérable et inacceptable », s’est indigné le candidat de la CAQ.

Pour sa part, Jonathan Marleau a remis sur table l’une de ses cinq promesses électorales, qui vise à soutenir des initiatives de cohabitation intergénérationnelle pour contrer la solitude des aînés et répondre en même temps aux difficultés que les jeunes ont à se loger. « Plutôt que d’aller dans une résidence, quelqu’un pourrait loger chez eux. C’est quelque chose qui apparaissait comme une solution intéressante pour plusieurs aînés lors de mon porte-à-porte », a témoigné le candidat libéral.

Continuité, poids politique, ou l’entre-deux?

Alors que Gabriel Nadeau-Dubois va dans la continuité du travail exercé par Françoise David, Jonathan Marleau pourrait avoir l’avantage d’avoir une certaine écoute de la part du gouvernement en étant au sein du même parti. Entre les deux, il y a Benjamin Bélair, résident du quartier, qui a mis le cœur de sa campagne sur les besoins pour les aînés, les familles et l’éducation.

À savoir si les citoyens opteront pour la continuité, le poids politique ou l’entre-deux, la réponse sera donnée le 29 mai prochain.

Pour le reste, il y a les petits partis politiques, qui tentent bien que mal de faufiler dans l’arène et de s’identifier comme une alternative aux grands partis, souvent pris à jongler avec les controverses nationales.

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