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Les grands perdants de la hausse des taxes municipales

Économie
Plaza. Photo CB
Les contribuables de Rosemont-La Petite-Patrie subiront une hausse moyenne de taxes de 5,6%. (photo : Catherine Bernard)

Les locataires et les commerçants de Rosemont-La Petite-Patrie seront les premiers touchés par l’augmentation substantielle des taxes municipales en 2018.

Le premier budget de l’administration Plante-Dorais, présenté mercredi dernier, prévoit en effet une hausse de taxes de 3,3 % pour l’ensemble de la ville de Montréal.

En tenant compte de l’augmentation prévue également par l’arrondissement, les propriétaires d’immeubles résidentiels de Rosemont-La Petite-Patrie verront leur compte de taxes augmenter en moyenne de 5,6 %. Du côté des immeubles non résidentiels, les taxes augmenteront quant à elles de 4,6 %.

Transférer la hausse aux locataires

Bien que les propriétaires soient ceux qui recevront un compte de taxes plus élevé, ce sont les locataires qui devront débourser la différence au bout du compte, selon Martin Blanchard, coordonnateur au Comité logement de La Petite-Patrie.

« Les propriétaires transfèrent cette hausse-là aux locataires, soutient-il, les prix des logements augmentent de 4 à 5 % d’une année à l’autre. C’est beaucoup plus élevé que l’inflation ou les hausses de taxes municipales ».

La Régie du logement du Québec, dont le mandat consiste à exercer un certain contrôle sur les augmentations de loyer, intervient cependant seulement en cas de plainte. « Les locataires qui ignorent leur droit ou qui ne veulent pas de chicane ne contestent pas la hausse des loyers, informe Martin Blanchard en soutenant que seulement 1 % des locataires décident de contester celle-ci auprès de la Régie.

M. Blanchard souligne également qu’à moins d’être locataire d’une maison unifamiliale, un résident ne devrait pas payer plus que sa quote-part. En d’autres mots, le propriétaire doit diviser le compte de taxes par le nombre de logements de l’immeuble. Par exemple, si la hausse est de 100 $ et qu’il s’agit d’un immeuble à quatre logements, les locataires ne devraient pas payer plus que 25 $ de plus pour l’année 2018.

Les commerçants mécontents

Même constat du côté des immeubles non résidentiels. Puisqu’il n’y a aucune instance pour contrôler la hausse des loyers commerciaux, les propriétaires peuvent facilement refiler la facture aux commerçants. Selon le directeur général de la Société de développement commercial de la Plaza Saint-Hubert, Mike Parente, les commerçants de la rue Saint-Hubert sont donc très mécontents de la hausse des taxes annoncée par la nouvelle mairesse.

« On ne s’y attendait pas du tout, affirme-t-il, et ce n’est pas juste la hausse qui est surprenante, c’est le manque de coopération, considérant tous les travaux qui s’en viennent sur la Plaza ». On prévoit en effet que l’artère commerciale sera en chantier jusqu’en 2021.

Alors que le budget municipal présenté le 10 janvier dernier promet une aide aux commerçants situés sur les artères commerciales en chantier, les détails de cette « stratégie » devraient être annoncés prochainement.

On ignore donc s’il s’agit d’une aide supplémentaire ou bien d’un montant qui avait déjà été annoncé dans le passé.

Le Comité logement de La Petite-Patrie propose des outils pour les personnes qui louent un logement résidentiel et qui désirent obtenir davantage de renseignements sur la hausse des loyer. 

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