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Partager les savoirs autochtones grâce au cinéma

Culture
My Father's Tools. Photo: Wapikoni
Stephen Jerome tresse des paniers selon la tradition micmac, dans le film «My Father’s Tools» (2016), réalisé par sa femme Heather Condo. (photo : Gracieuseté – Wapikoni mobile)

Un court-métrage produit par le Wapikoni mobile et réalisé par une cinéaste micmac de la baie des Chaleurs est visionné par des milliers d’internautes à travers la planète depuis une semaine grâce à sa nouvelle nomination. 

Le court documentaire, My Father’s Tools, réalisé en 2016 par Heather Condo, a été sélectionné le 29 novembre dernier par le Staff Pick Premiere de Vimeo. En provenance de la communauté Gesgapiegag en Gaspésie, c’est le premier film autochtone à être nominé par le site web américain de partage et de diffusion vidéo.

Il s’agit d’une nomination importante pour le Wapikoni mobile, dont le bureau principal est situé dans La Petite-Patrie. « C’est une immense vitrine et ça démontre un intérêt envers les cultures autochtones », souligne Magenta Baribeau, agente aux communications du studio ambulant de formation et de création dédié aux jeunes autochtones.

Vimeo célèbre chaque semaine un film différent à travers son Staff Pick Premiere. La sélection a été créée par la plateforme en ligne pour soutenir les cinéastes émergents de talent et leur offrir un maximum de visibilité. En effet, depuis sa nomination, le court-métrage de Heather Condo a été visionné à plus de 50 000 reprises.

My Father’s Tools

Le documentaire de la réalisatrice dévoile le travail de son mari, Stephen Jerome Sr, qui fabrique des paniers en bois de frêne à la manière ancestrale des Micmacs. D’un peu plus de six minutes, l’œuvre cinématographique montre le travail minutieux et ardu que demande la conception de ces paniers.

Stephen tresse chacune de ses oeuvres à la main en s’aidant des outils que son père lui a légués. « C’est fascinant de voir [Stephen] travailler, ça parait si facile pour lui, raconte la réalisatrice, Mme Condo. Je souhaitais faire ce film depuis au moins dix ans afin de montrer son travail. »

Grâce au soutien de l’équipe du Wapikoni mobile lors d’une escale dans sa communauté, Heather Condo a enfin pu concrétiser son projet. À 46 ans, il s’agit du premier film qu’elle réalise. « Le Wapikoni mobile est une ressource incroyable pour les communautés autochtones, témoigne-t-elle. Ce sont des gens formidables qui t’aident à réaliser ta vision. »

Le Wapikoni mobile

Le studio ambulant va à la rencontre des jeunes cinéastes des communautés des Premières Nations de la province depuis 2004. Sa mission principale est de valoriser la culture autochtone à travers le cinéma. Le Wapikoni mobile souhaite également permettre aux jeunes autochtones de développer des compétences artistiques et professionnelles.

À chaque escale qui dure environ un mois, cinq personnes sont mobilisées. Outre un assistant, un coordonnateur local et un intervenant jeunesse, qui sont majoritairement des autochtones en provenance de la communauté visitée, deux cinéastes-mentors expérimentés font également partie de l’équipe. De quatre à six films sont produits à chaque fois, réalisés par des jeunes intéressés par le cinéma.

« Dans le cas de Heather, c’est elle qui est venue voir l’équipe dans la caravane avec son idée déjà en tête, raconte Magenta Baribeau, ajoutant que malgré le fait que le Wapikoni priorise les jeunes de 15 à 30 ans, l’équipe ne refuse jamais quelqu’un qui prend contact avec elle.

Futurs projets cinématographiques

Cette expérience a d’ailleurs été riche pour la cinéaste en herbes qui désire à présent continuer à réaliser des projets documentaires. « Ce qui intéresse beaucoup Heather, c’est de faire des films sur des morceaux de la culture autochtone qui disparaissent », explique Mme Baribeau.

La principale intéressée témoigne de son intérêt pour le cinéma autochtone. « Plus je vois des films réalisés par des Autochtones, plus je veux en voir », déclare Mme Condo.

Selon celle dont le court-métrage a été célébré par plusieurs festivals depuis sa diffusion, le cinéma des Premières Nations semble s’épanouir. « Je suis certaine que ce n’est que le début », affirme-t-elle, enthousiaste. « Nous avons toujours été de grands conteurs », ajoute la réalisatrice, en faisant référence à l’utilisation de la tradition orale par les Premières Nations pour la transmission des savoirs.

My Father’s Tools, (6min33), réalisé par Heather Condo, sur la plateforme Vimeo.

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