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Négocier ou acheter la piste des Carrières ?

Transport
piste des Carrières
Le bail de location de la piste des Carrières, qui appartient au Canadien Pacifique, est échu depuis deux ans. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

L’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie demande à la Ville de Montréal d’acheter la piste des Carrières, qui appartient au Canadien Pacifique (CP).

Une motion a été adoptée à majorité lors du conseil d’arrondissement du 5 septembre dernier.

Jusqu’à il y a deux ans, la Ville de Montréal louait la piste multifonctionnelle pour 300 000 $ annuels. Selon le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau, le CP en demande désormais 1 million de dollars par an. C’est en plus de demander à fermer la piste l’hiver et de réparer les trous dans le grillage qui longe la piste ; des conditions que le maire qualifie comme « déraisonnables » et qui font en sorte que la Ville de Montréal n’arrive pas à s’entendre avec le Canadien Pacifique pour procéder au renouvellement du bail échu depuis 2015.

« Je suis convaincu que le litige que nous avons pour les passages à niveau n’est pas étranger à cette incapacité de s’entendre avec le CP », déplore M. Croteau.

Absence de bail, absence de projets

Tant que le bail ne sera pas renouvelé, l’arrondissement et la Ville de Montréal ne pourront plus aménager de projets ou effectuer des travaux majeurs pour améliorer la piste.

« Tout ce qu’on peut faire, c’est ajouter un peu de poussière de roche chaque année », résume le maire de Rosemont-La Petite-Patrie en spécifiant que certains projets prévus pour le 375e anniversaire de Montréal sont notamment tombés à l’eau pour cette raison.

Selon ses dires, la Ville de Montréal n’aurait pas besoin de l’accord du Canadien Pacifique pour acquérir le terrain. Elle pourrait le faire par expropriation, comme elle l’a fait pour le parc des Gorilles dans le secteur Marconi-Alexandra. « Si la Ville de Montréal décide de mettre une réserve et d’exproprier, elle a le droit de le faire. Ensuite, il y a un processus juridique où un juge devra établir le prix d’acquisition de l’espace », précise François William Croteau.

Négocier ou acheter ?

Or, la possibilité d’acheter la piste des Carrières ne suscite pas l’unanimité auprès des élus d’Équipe Coderre dans Rosemont-La Petite-Patrie, qui ont voté contre la motion.

« La Ville de Montréal négocie déjà avec le Canadien Pacifique sur beaucoup d’enjeux […]. Il faut aussi comprendre que la piste multifonctionnelle fait partie d’un réseau plus large donc il faut tenir compte d’un plus grand ensemble. Une simple motion comme ça d’arrondissement ne changera rien à la situation. C’est un moyen inutile pour faire avancer les choses », a fait valoir la conseillère du Vieux-Rosemont, Érika Duchesne, lors du conseil du 5 septembre.

Celle-ci se dit « convaincue que la Ville de Montréal met tout en oeuvre pour pérenniser le lien cyclable ». Elle souhaite plutôt rallier le plus grand nombre de parties prenantes au dossier « pour contribuer aux négociations avec le Canadien Pacifique ».

Pour le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, l’acquisition de la piste des Carrières est la seule avenue envisageable. « Après tant d’années, je ne vois pas comment on peut encore penser être capable d’arriver à une entente et négocier avec le Canadien Pacifique », lance M. Croteau en soulignant qu’il est impensable de payer un million par an pour un tel usage.

Le conseiller du district Étienne-Desmarteau et responsable des dossiers vélos à la Ville de Montréal, Marc-André Gadoury, n’avait pas retourné notre demande d’entrevue au moment de publier l’article.

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