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Des propriétaires font beaucoup d’argent avec Airbnb dans la Petite-Patrie

Économie, Immobilier
Certains font beaucoup d’argent sur AirBnB. Souvent au détriment de la qualité de vie de leurs voisins. (carte tirée du site web de AirBnB)

Beaucoup de logements sont offerts sur la plateforme Airbnb dans La Petite-Patrie : quelques centaines d’offres à la mi-juillet.

La plupart des nuitées étaient offertes entre 50 $ et 100 $. La Petite-Patrie est considérée comme un quartier chaud sur Airbnb, surtout depuis le reportage du New York Times. Et sa proximité avec le Plateau Mont-Royal, troisième quartier le plus chaud à Montréal sur Airbnb, après le centre-ville et le Vieux-Montréal, l’avantage. De plus, le quartier est desservi par quatre stations de métro sur deux lignes. Selon la société AirDNA (www.airdna.co), qui publie des rapports statistiques sur Airbnb, l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie comptait 1036 offres Airbnb en mai (derniers chiffres disponibles).

Les chiffres de AirDNA suggèrent que les propriétés les plus « payantes » de l’arrondissement sont pratiquement toutes situées dans La Petite-Patrie, à l’exception de quelques grands logements (3 chambres à coucher et plus), localisés dans le Vieux Rosemont. Les secteurs les plus populaires : près de la ligne orange, à la hauteur du métro Beaubien, le Marché Jean-Talon et la Petite-Italie environnante, ainsi que le très branché Mile-Ex.

Des milliers de propriétaires montréalais profitent d’Airbnb pour arrondir leurs fins de mois ou, carrément, accélérer le remboursement de leur hypothèque. Une part croissante a transformé en hôtel leur logement, maison ou copropriété, légalement ou non. Ce qui inquiète les spécialistes en tourisme et les défenseurs des locataires. La plupart des hôtes québécois réalisent des revenus annuels de moins de 30 000 $ sur AirBnB. Par contre, certaines personnes vivent un conte de fées, car leur propriété est située dans un quartier chaud. Pendant la fin de semaine du Grand Prix, on a vu plusieurs logements du Plateau Mont-Royal affichés à 3000 $ par nuit, et un à 10 000 $ ! Mais si le logement est en périphérie des quartiers à la mode, les revenus peuvent être beaucoup moindres, de l’ordre 30 $ à 50 $ par nuitée.

Pamplemousse.ca a obtenu quelques chiffres (convertis en dollars canadiens) de AirDNA pour l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie. Le taux d’occupation médian était de 52 % en mai. Le tarif moyen quotidien est d’environ 125 $ au cœur de l’été, peu importe le type de logement. En mai, il était de 67 $ pour un logement de une chambre et 94 $ pour un logement de deux chambres. Par comparaison, un logement du centre-ville de Montréal génère des revenus moyens par nuitée de 120 $ pour une chambre et 173 $ pour deux chambres; sur le Plateau Mont-Royal, ces chiffres sont de 94 $ et 127 $.

AirDNA a dressé la liste des propriétés les plus « payantes » du quartier. Il s’agit de revenus annuels estimés pour des logements loués probablement à l’année. Nous en avons sélectionné quelques-uns:

Quelques propriétés dans La Petite-Patrie
Chambre, condo, rue Boyer, près Bélanger 18 338 $
Chambre privée 16 330 $
Chambre, Petite-Italie, Marché Jean-Talon 16 620 $
Chambre, condo, rue Boyer, près Bélanger 18 338 $
Studio, Petite-Itlie 27 147 $
Studio, métro Beaubien 20 419 $
Studio, Petite-Patrie, Garnier, près Beaubien 18 534 $
Condo, 1 CàC, Marché Jean-Talon 35 792 $
Loft, terrasse, 1 CàC, Mile-Ex 34 000 $
Condo, 1CàC, de Lanaudière/Jean-Talon 35 $793
Condo, 1 CàC Petite-Italie 23 $600
Town house, 2 CàC, Châteaubriand/St-Zothique 46 951 $
Condo, 2 CàC, de Normandville/Bélanger 46 573 $
Condo, 3 CàC, Marché Jean-Talon 31 425 $
Condo, 3 CàC, immeuble Urban Planet 22 599 $
Source : www.airdna.co, mai 2017
Montants convertis en dollars canadiens

Québec Solidaire a d’ailleurs déposé un projet de loi qui forcerait Airbnb à communiquer au fisc tous les renseignements liés aux transactions, à percevoir les taxes, à limiter le nombre de permis AirBnB à un par personne ainsi que le nombre de nuitées par logement à moins de 61 jours par année sans devoir se procurer d’attestation de classification. Car Airbnb provoque une baisse de l’offre de logements locatifs à long terme partout dans le monde, y compris au Québec.

Des groupes communautaires du Plateau et de la Petite-Patrie réclament carrément d’interdire AirBnB sur leur territoire. De nombreux spécialistes soupçonnent que la majorité des affichages Airbnb sont « illégaux », c’est-à-dire qu’ils ne sont pas inscrits auprès des autorités fiscales ou touristiques. Concrètement, dès que vous louez une chambre ou votre logement, vous devez déclarer ces revenus à l’impôt, que ce soit pour une nuit ou à plein temps. Si vous le faites par Airbnb, vous devez obtenir une attestation de classification de la Corporation de l’industrie touristique du Québec (citq.qc.ca, frais annuels d’environ 250 $).

De plus, si vous réalisez des revenus annuels de plus de 30 000 $, vous devez vous inscrire auprès de Revenu Québec et percevoir la TPS et la TVQ. Vous devez aussi informer votre assureur. Sinon, en cas de sinistre, celui-ci pourrait refuser de plein droit de vous indemniser. Ce dernier peut annuler le contrat, augmenter vos primes ou votre franchise ou exiger un nombre maximal annuel de nuitées. D’autre part, Airbnb fait souvent la manchette pour tapage nocturne, déchets déposés au mauvais moment, vandalisme, vols, prostitution… Des cas de voisins excédés se multiplient à Montréal. Il n’est pas rare que certains résidents vivent un véritable calvaire.

Une propriété qui générerait des revenus de 150 $ par soir (qui abondent sur les cartes Airbnb, dans les quartiers à la mode), louée 60 % du temps, totaliserait des revenus de 32 400 $, donc un profit de 1200 $… avant impôt, taxes et autres frais. Louée quatre soirs par mois, elle dégage un revenu 7200 $ par année. Avec un taux hypothécaire de 5 %, l’économie sur cette somme représente 360 $ (1620 $ pour des revenus de 32 400 $).

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