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L’avenir du centre de transport Saint-Denis inquiète les élus

Immobilier, Transport
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Devenu désuet, le Centre de transport Saint-Denis sera détruit en 2022. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Les élus de Rosemont-La Petite-Patrie s’inquiètent que le terrain où loge actuellement le centre de transport (CT) Saint-Denis soit vendu à des promoteurs privés.

Le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau, le député fédéral de Rosemont-La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, le député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, ainsi que le coordonnateur du Comité logement de La Petite-Patrie, Martin Blanchard, ont fait front commun jeudi matin lors d’un point de presse pour rappeler à la Ville de Montréal qu’elle s’est maintes fois engagée à acquérir le terrain d’une superficie de 37 000 m².

« Il n’y en a pas 15 des terrains comme celui-là qu’on pourrait développer pour en faire un quartier du 21e siècle. C’est l’un des seuls, voire le seul. C’est donc d’autant plus inquiétant de voir que si rien n’est fait, ça va être tout simplement vendu au plus offrant », craint Gabriel Nadeau-Dubois.

Un avenir flou

Le 15 août dernier, la Ville de Montréal a annoncé l’autorisation d’un règlement d’emprunt pour la réalisation du nouveau centre de transport Bellechasse. Le projet, qui sera situé sur la rue du même nom entre les rues Saint-Dominique et De Gaspé, remplacera l’actuel centre de transport Saint-Denis qui « arrive à sa fin de vie utile ». Ce dernier sera encore en service jusqu’en 2022 et le terrain devra ensuite être décontaminé.

Lors de cette annonce, la Ville de Montréal était restée floue sur l’avenir du CT Saint-Denis. « On va analyser les besoins du secteur. Par la suite, on décidera si on veut y aller avec un stationnement ou autre chose. Ce travail va être fait avec l’arrondissement et la communauté », avait insisté le responsable du transport au comité exécutif de la Ville de Montréal, Aref Salem.

Or, les élus de Rosemont-La Petite-Patrie s’inquiètent de « l’absence de réponse » de la Ville-Centre.

« Lorsque j’ai parlé à Russel Copeman [Responsable de l’habitation, de l’urbanisme, de la gestion et de la planification immobilière et de l’Office de consultation publique de Montréal], il n’a jamais dit que la Ville de Montréal allait acquérir le terrain et n’a jamais nié qu’elle allait l’offrir au plus offrant », témoigne le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau.

Vente ou échange?

Le Comité logement de La Petite-Patrie craint également que M. Salem ait parlé de peut-être faire un stationnement. « C’est majeur ce qu’il se passe avec le règlement d’emprunt. Alors qu’on parlait d’un échange de terrain, on voit maintenant qu’il va y avoir de la vente de terrain. Jamais l’administration Coderre ne nous a appelés alors qu’on a fait des assemblées publiques, des forums, des sondages. Ensuite, on voit qu’il parle d’un stationnement incitatif. Pas une seule fois la communauté a eu ce désir pour le quartier », déplore Martin Blanchard

Contactée à ce sujet par le journal La Petite-Patrie, la Société de transport de Montréal (STM) n’a pas pu dire si le terrain du CT Saint-Denis sera vendu à des promoteurs privés. « Un projet de remise en valeur du terrain fera partie des discussions avec l’arrondissement, la Ville et la STM, mais il est trop tôt pour s’avancer sur quoi que ce soit à ce stade », répond la porte-parole de la STM, Amélie Régis.

Celle-ci affirme toutefois que le terrain n’est pas mis en vente pour le moment. « Si la STM décidait de se départir du terrain, la Ville aurait préséance », assure également Mme Régis.

Un aménagement pour tous souhaité

François William Croteau, Alexandre Boulerice, Gabriel Nadeau-Dubois et Martin Blanchard espèrent que la Ville de Montréal respectera son engagement d’acquérir le terrain et d’y aménager un projet qui va « répondre aux besoins du secteur », soit un centre communautaire, un parc, des logements sociaux et communautaires ainsi que des logements pour les familles.

« On veut un quartier qui est le fun, qui représente le 21e siècle et qui est vert. Notre préoccupation ce n’est pas le profit au pied carré », tranche le député néodémocrate Alexandre Boulerice.

Un Programme particulier d’urbanisme (PPU) préliminaire a été déposé publiquement en 2013 par l’arrondissement. La table de concertation logement-aménagement de La Petite-Patrie, qui regroupe des organismes intervenants situés dans le quartier depuis plus de 20 ans, a réagi favorablement à cette première version.

« La proposition préliminaire qui a été offerte comporte plusieurs éléments prometteurs et des solutions ingénieuses qui, tout en construisant un nombre important de logements, sont destinés à désenclaver le secteur, à favoriser un transit harmonieux et durable, à faire place à une mixité d’usages et à offrir une profusion d’espaces verts », peut-on lire dans un mémoire rédigé par la table de concertation, qui présente une analyse des propositions préliminaires de l’arrondissement.

M. Russel Copeman n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue au moment de publier l’article.

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