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Des poules dans les cours de Rosemont-La Petite-Patrie

Environnement
poulaillers
Les résidents de Rosemont-La Petite-Patrie qui désirent participer au projet devront débourser 1000 $. (photo : Image libre de droits — Pexels.com)

L’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie désire permettre à une cinquantaine de résidents d’abriter un poulailler dans leur cour dès l’été 2017 dans le cadre d’un projet pilote.

Les élus de Rosemont-La Petite-Patrie ont adopté une motion lors du conseil d’arrondissement du 10 avril dernier recommandant au comité exécutif d’édicter une ordonnance « afin de permettre la réalisation d’un projet pilote autorisant la garde de poules à domicile sur le territoire de Rosemont-La Petite-Patrie ». À travers ce projet prévu pour une durée de deux ans et mené en collaboration avec l’organisme Laboratoire sur l’agriculture urbaine (Au/Lab), l’arrondissement désire étudier l’implantation de poulaillers dans un contexte résidentiel.

« Conscient de la demande croissante de nos résidants pour la garde de poules, ce projet nous permettra de documenter cette pratique émergente dans un cadre légal et de voir comment une telle autorisation peut être encadrée pour l’étendre à l’ensemble de la population », explique le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau.

Si le projet est approuvé par le comité exécutif, cinquante citoyens pourront se procurer un poulailler, comptant un minimum de deux et un maximum de quatre poules, sur l’ensemble du territoire de Rosemont-La Petite-Patrie. Ceux-ci devront toutefois débourser 1000 $ pour participer au projet.

Retombées positives

M. Croteau désire s’inspirer des grandes villes innovantes comme New York, Chicago, Seattle et Vancouver, mais aussi de Toronto, Ottawa et Québec, qui permettent l’élevage de poules en ville. En 2011, l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie a apporté un amendement à sa réglementation pour permettre l’élevage des poules à des fins éducatives.

Selon l’arrondissement, « plusieurs retombés positives sociales et environnementales se rattachent aux poulaillers. »

« L’agriculture urbaine engendre une diminution du stress, car c’est une activité de loisir, de détente, qui permet de reconnecter avec la nature. Le contact avec les animaux permet également de briser l’isolement chez certaines personnes. Les poulaillers ont une vocation éducative en montrant aux enfants d’où proviennent les oeufs et favorise la consommation responsable, car la production se fait directement dans la cour », témoigne François William Croteau.

Conditions à respecter

Dans le sommaire décisionnel, l’arrondissement fait valoir une quinzaine de conditions que les citoyens participants devront respecter pour s’assurer que « le soin apporté aux poules soit satisfaisant et que la cohabitation avec le voisinage soit harmonieuse ». À cet effet, un suivi sera notamment fait par des professionnels, dont un vétérinaire.

Les citoyens participants auront droit d’avoir un poulailler fermé par terrain et que celui-ci devra être situé dans les cours latérales — sauf celles adjacentes à la voie publique — ou dans les cours arrières. Le poulailler devra se situer au minimum à 1,5 mètre de la propriété et à trois mètres de toutes fenêtres ou portes d’un bâtiment.

Aucune odeur liée à cette activité ne doit être perceptible à l’extérieur des limites du terrain où elle s’exerce et les poules doivent être gardées en permanence à l’intérieur du poulailler. La garde de coqs, la vente d’oeufs issus de la ponte et l’abattage sont interdits. Les poules doivent avoir accès à une quantité d’eau et de nourriture suffisante ainsi qu’à un abri, une ventilation, un éclairage, un chauffage et des soins vétérinaires adéquats.

Réponse connue prochainement

Bien que la réponse de la Ville de Montréal sera connue que d’ici le conseil d’arrondissement du 5 juin 2017, le maire de Rosemont-La Petite-Patrie se dit confiant.

« Tout est possible. Cependant, j’ai eu une discussion avec le responsable au comité exécutif de ce sujet, M. Réal Ménard, et il m’a dit qu’il était favorable au projet », affirme François William Croteau.

À cet effet, le journal La Petite-Patrie n’a pas pu recevoir de confirmation de la part de M. Ménard ; celui-ci étant à l’extérieur de son bureau pour les prochains jours.

Réticences

La proposition d’édicter une ordonnance au comité exécutif pour un tel projet a soulevé quelques réticences auprès de la Conseillère de Ville du Vieux-Rosemont, Érika Duchesne, lors du conseil d’arrondissement du 10 avril dernier.

« Nous avons très peu d’inspecteurs à notre service et, pour le début du projet pilote, on aurait pu se contenter d’une vingtaine d’adresses pour s’assurer que tout va bien avant de l’étendre à un plus grand nombre de personnes sur le territoire », a-t-elle déclaré, en demandant au maire de retirer le dossier le temps de revoir la portée du projet pilote.

« Il faut comprendre que le maximum est pour s’assurer qu’on ne dépasse pas une certaine limite, mais je doute qu’il y ait cinquante personnes qui participent au projet à cause du coût. Ce n’est pas tout le monde qui a 1000 $ pour participer à ce projet », rétorque François William Croteau.

Le nombre exact de participants et la liste des unités d’occupation qui accueilleront les poulaillers seront connus lors du conseil d’arrondissement du 5 juin prochain. La convention avec l’organisme Au/Lab sera également présentée au même moment.

 

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