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Une murale du quartier, pour le quartier et par les femmes du quartier

Vie de quartier
murale
L’artiste Lucie Robert (foulard rouge) en compagnie des sept femmes de l’Écho des femmes qui ont réalisé la murale : Line Brochu, Monique Coulombe, Coralie Dumoulin, Maria Teresa Ferreira, Lyse Perreault, Anne Roy et Raymonde. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Une murale, intitulée « Une place à soi » et mettant en valeur la cartographie du quartier, est visible depuis le 8 mars sur le mur extérieur qui orne le Marché Tradition situé à l’angle des rues Beaubien et de la Roche.

L'oeuvre a été réalisée avec l'appui de l'organisme culturel Diasol, qui assure le développement et la diffusion de projets de création favorisant l’engagement de l’artiste envers la société. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

L’oeuvre a été réalisée avec l’appui de l’organisme culturel Diasol, qui assure le développement et la diffusion de projets de création favorisant l’engagement de l’artiste envers la société. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Celle-ci a été réalisée dans le cadre du Programme montréalais d’action culturelle de la Ville de Montréal par sept femmes qui visitent l’organisme communautaire l’Écho des femmes de La Petite-Patrie, situé sur la rue Saint-Hubert.

« Le sujet du projet était “habiter le quartier”, mais surtout comment on habite le quartier : c’est comme habiter son corps, son espace urbain, son espace domestique, habiter la nature dans la ville. L’idée était de cartographier l’espace, mais de façon artistique », explique l’artiste Lucie Robert, qui a chapeauté le projet.

Les participantes ont parcouru l’arrondissement plus d’une quinzaine de fois depuis le mois de septembre pour découvrir leur milieu de vie et mieux comprendre comment elles pouvaient représenter celui-ci.

« Ça leur a permis de connaître l’histoire du quartier, mais aussi de se connaître et de créer une solidarité entre les participantes, d’avoir le goût de continuer pour un projet futur », témoigne Mme Robert.

Médiation culturelle

Au cours de leurs visites guidées, les femmes de l’Écho ont pris des photos de lieux qui les interpellaient et les ont ensuite projetées sur un mur afin de tracer la composition de l’image. Elles ont finalement fait valoir leur créativité avec le dessin.

« On a découvert les lieux beaucoup plus profondément. On les a regardés comme si on était des touristes alors qu’on a souvent tendance à passer devant ceux-ci rapidement sans les remarquer », explique la participante Maria Teresa Ferreira.

Selon Lucie Robert, ce fut « un défi de taille de pouvoir faire une oeuvre collective, respecter en même temps la singularité de chacune et faire quelque chose d’unifié. »

Certaines ont touché au dessin pour la toute première fois alors que pour d’autres, ce fut l’occasion de retourner à leur forme d’expression.

Symbolique

Ce que les passants ne seront peut-être pas, c’est toute la symbolique qui se cache derrière chacune des images. Le dessin de Maria Teresa Ferreira, par exemple, représente un arbre de la vie.

« J’ai mis des oranges du côté gauche, car je viens du Portugal et des pommes du côté droit, car je suis au Québec. Qu’est-ce qui fait pousser un arbre ? C’est l’amour. J’ai donc mis mon coeur [dans le trou de l’arbre] et celui de mes trois enfants », explique-t-elle.

Sur la cartographie, on peut également remarquer des autoportraits, des visages « pour dire que toutes les nations sont les bienvenues ici » et des moments marquants reliés à des événements qui se sont produits dans le quartier, comme le dessin représentant la parade contre la pauvreté qui avait été organisée par l’Écho des femmes en octobre 2016.

Lucie Robert trouvait également important « qu’un organisme comme l’Écho des femmes, qui milite et qui travaille à l’inclusion des femmes depuis 30 ans, soit visible et présent dans le quartier. »

La murale est visible jusqu’à la mi-mai sur le mur du Marché Tradition, situé au 1200, rue Beaubien Est.

À lire également : L’Écho des femmes : 30 ans de luttes féministes

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