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Les femmes aînées du quartier en manque de services

Santé
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Le sondage « En quête d’ainées » a été réalisé avec la collaboration du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Habitation les 2 Volets, Comité logement de La Petite-Patrie, Comité d’action pour la qualité de vie des aînés de La Petite-Patrie et de la Fondation Solstice. (photo : Image libre de droits — Pixabay.com)

Les femmes aînées du quartier manqueraient de services adaptés. C’est du moins ce que révèlent les résultats préliminaires d’une enquête exercée par l’organisme l’Écho des femmes de La Petite-Patrie.

Au total, 84 femmes âgées de 60 à 100 ans ont répondu au sondage « En quête d’aînées » conçu par les travailleuses communautaires de l’Écho des femmes de La Petite-Patrie et cinq de leurs bénévoles. Celles-ci ont été rejointes dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), les Habitations à loyer modique (HLM), les résidences pour aînés et dans les organismes communautaires du quartier.

La démarche visait à approcher les femmes isolées du quartier — elles ont représenté 85 % des femmes sondées — pour mieux comprendre leurs besoins et en arriver à faciliter leur intégration dans le quartier.

Les résultats préliminaires, annoncés dans le cadre de la Journée internationale des femmes le 8 mars dernier, révèlent que l’isolement dont elles sont victimes fait suite à l’absence de liens amicaux et familiaux, mais aussi à l’absence de services adaptés.

« Il y a les femmes qui sont isolées et qui sont tristes de cet isolement et il y a des femmes qui se résignent en se disant que ça va aller. Il y a également des femmes qui disent qu’elles sont contentes de ne plus avoir à réfléchir, de ne plus avoir à répondre à des gens. Elles disent qu’elles sont fatiguées et qu’elles aspirent à la tranquillité », résume Judith Rouan, travailleuse communautaire à l’Écho des femmes.

Isolement

Pour mesurer l’isolement des femmes aînées, les travailleuses communautaires se sont penchées sur les liens qu’elles entretiennent avec leurs amis, leur famille et leur voisinage. La conclusion : elles sont moins bien entourées qu’on pourrait le croire.

« Un nombre important de femmes n’a aucun lien avec la famille. Parmi celles qui ont un lien, la qualité n’est pas au rendez-vous. La famille donne des nouvelles de temps à autre, mais on ne peut pas compter sur celle-ci pour être soutenu », rend compte Judith Rouan.

Elle constate une présence un peu plus marquée au niveau des liens amicaux, mais ceux-ci restent variables. Pour celles qui ont franchît un certain âge, les amitiés sont rompus par des décès tandis que « se faire de nouveaux amis a été nommé comme une difficulté ça constitue un frein à la participation sociale ». Mme Rouan réfère notamment cette réflexion à une femme qu’elle a rencontrée et qui venait de célébrer ses 100 ans.

« Toutes ses amies sont décédées. Elle n’a plus l’énergie de refaire des amitiés, mais c’est quelque chose qu’elle subit. Elle n’est pas heureuse dans cette situation-là », explique-t-elle.

C’est toutefois le manque de lien avec le voisinage qui semblerait « le plus criant ».

Vie sociale et communautaire

Le CLSC et le conseil municipal qui ont été le plus souvent cités comme les organismes les plus fréquentés, qui ne sont vraisemblablement pas des endroits où la vie sociale est animée. L’autre moitié des femmes sondées a admis ne connaître aucun organisme et donc n’en fréquenter aucun.

« Elles ne fréquentent pas les organismes car elles n’en connaissent pas, mais aussi parce qu’elles ne sont pas assez mobiles, parce qu’il n’y a pas assez de transport adapté et parce qu’il n’y a pas assez d’argent pour faire des sorties ou parce que, de manière générale, elles sont fatiguées et veulent rester tranquilles », explique Judith Rouan.

Selon les témoignages récoltés, les femmes aînées souhaitent être en mesure de fréquenter davantage les ventes-trottoir, les fêtes de quartier et les restaurants. Les activités sociales gratuites et accessibles pour les aînés, les lieux adaptés pour manger, les sorties dans les parcs et la visite de leurs proches provoquent un sentiment de nostalgie chez elles.

La perte de services dans leur lieu d’hébergement accentue d’autant plus ce sentiment : bénévoles de moins en moins présents pour discuter avec elles, activités et sorties qui diminuent grandement et des conditions d’habitation qui laissent à désirer dans les HLM.

Difficile démarche

Alors que les travailleuses communautaires de l’Écho des Femmes de la Petite-Patrie aspirent à mieux comprendre les besoins des femmes aînées pour les sortir de leur isolement, leur démarche requiert persévérance et recherche ; les données étant « quasiment inexistantes » à leurs propos. C’est sans compter leurs besoins qui varient en fonction de leur milieu de vie, de leur autonomie et de la difficulté à entrer en contact avec elles.

« On s’est rendue compte que c’est énormément difficile de rejoindre les femmes aînées, car il n’existe visiblement pas d’endroits communautaires ou de loisirs qui rassemblent ces femmes dans lesquelles elles pourraient trouver une confiance en elle et faire des activités qu’elles aiment », affirme Mme Rouan.

À cet effet, la travailleuse communautaire croit que davantage de recherche s’impose afin de mieux comprendre et mieux cibler leurs besoins. Pour y arriver, c’est un long travail de quartier qui devra se mettre en marche.

Les résultats complets de l’enquête seront dévoilés prochainement sur le site web de l’Écho des femmes de La Petite-Patrie.

À venir prochainement — Isolement des femmes aînées : les recommandations de l’Écho des femmes de La Petite-Patrie

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