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Parc des Gorilles : la fin d’une longue saga

Environnement
parc des Gorilles
Les résidents du secteur Marconi-Alexandra avaient tenu un rassemblement au parc des Gorilles le 16 septembre 2016 dans le cadre de l’événement Parking Day, qui vise à provoquer un débat sur l’occupation de l’espace public par la voiture et à présenter des alternatives. (photo : Gracieuseté — Simon Van Vliet)

L’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie acquiert, par voie d’expropriation, le parc des Gorilles et met fin à une saga de plus de quatre ans.

La motion a été votée lors du conseil d’arrondissement du 13 mars dernier. Le terrain pourra ainsi renaître de ses cendres et refaire place à la végétation abondante retrouvée auparavant sur cette ancienne friche ferroviaire, située au sud de la rue Saint-Zotique, entre les rues Saint-Urbain et de l’Esplanade. L’endroit est communément appelé « Parc des Gorilles » à cause de son caractère sauvage.

 « Quand ils ont fermé la voie ferrée en 1990, la nature a repris ses droits. L’espace a été abandonné pendant 25 ans. La communauté l’utilisait comme espace vert, notamment pour aller faire courir leur chien ou tout simplement pour se promener puisqu’on a juste le parc Mozart comme espace vert dans le quartier », explique Simon Van Vliet, résident du secteur et cofondateur des AmiEs du parc des Gorilles.

Pour ce collectif de résidents de La Petite-Patrie, qui travaillent à la réappropriation collective du terrain depuis les quatre dernières années, le combat fut de longue haleine.

Longue saga

En 2011, la Ville de Montréal se montre charmée par le potentiel de développement de l’ancienne friche ferroviaire. Elle approche alors le propriétaire de l’époque, le Canadien Pacifique (CP), afin d’acquérir le terrain avec l’intention d’en faire un parc linéaire semblable à la Piste des Carrières.

Selon les AmiEs du parc des Gorilles, ce projet est « l’une des principales interventions structurantes dans le secteur ».

Toutefois, sous un coup de théâtre, le parc passe plutôt aux mains du promoteur Olymbec Inc., qui procède en mai 2013 à l’abattage sans permis de dizaines d’arbres matures en plus de recouvrir la totalité de l’espace vert par de la gravelle compactée.

« Dans mon temps, le gazon poussait de cinq à six pieds de longueur. C’est vraiment une friche intéressante », se remémore Frances Foster, résidente de longue date et cofondatrice des AmiEs du parc des Gorilles.

Mobilisation

Indignés par les agissements du promoteur, qui va même jusqu’à sommer les résidents par des avocats de retirer les bacs à fleurs qu’ils avaient installés pour embellir l’endroit, les citoyens se mobilisent et c’est ainsi que les AmiEs du parc des Gorilles voient le jour.

En mai 2013, ils obtiennent l’imposition d’une réserve foncière par l’arrondissement. La division des transactions immobilières de la Ville de Montréal est alors mandatée pour négocier le prix d’achat du terrain et acquérir ce dernier.

« Notre objectif était d’empêcher Olymbec d’aller plus loin dans ses intentions de développer le site, pour s’assurer qu’il y ait un parc à cet endroit-là », raconte le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau.

La Ville s’avère toutefois incapable d’arriver à une entente avec le propriétaire. C’est ainsi que, le 13 mars dernier, l’arrondissement marque la fin d’une longue saga en procédant au vote pour l’expropriation et acquérir le terrain de près de 7 000 mètres carrés, dont la valeur comptable est évaluée à plus de cinq millions de dollars. Un juge administratif entendra éventuellement les deux partis afin de fixer le prix de vente.

« Chaque fois, les AmiEs du parc des Gorilles étaient là pour mettre de la pression et je crois que ça beaucoup aidé dans ce dossier », se réjouit Frances Foster.

Celle-ci s’est notamment présentée au dernier conseil d’arrondissement vêtue d’un masque de gorille pour distribuer des bananes aux élus en guise de remerciement.

À lire également : Un conseil d’arrondissement avec une dose d’humour

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