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L’illusion d’optique s’expose

Culture
art optique
L’exposition « L’instabilité du réel » met de l’avant des oeuvres d’art optique. Ci-dessus, « Hommage à Fra Angelico » de l’artiste Michel-Pierre Lachance (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Une exposition sur l’art optique se tient jusqu’au 25 mars à L’Artothèque, à l’intérieur de laquelle se côtoient grands maîtres et artistes professionnels.

Cinq artistes contemporains, Annie Briard, Emmanuel Chieze, Kamille Cyr, Michel-Pierre Lachance et Serge Lemonde, ont été sélectionnés dans le cadre d’un appel de projets pour faire valoir, à travers leurs oeuvres, leur définition de ce qu’est l’art optique. Leurs créations sont exposées aux côtés des artistes de renoms Victor VasarelyGuido Molinari et Claude Tousignant.

L’exposition, intitulée « L’instabilité du réel », se déroule dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal et sous sa thématique, qui est de « créer des ponts ». Celle-ci vise ainsi à établir un lien entre les grands maîtres de l’art des années 1960 et 1970 et les artistes émergents de l’ère numérique.

« C’est un clin d’oeil pour faire le pont entre ce qu’il se faisait à l’époque où le courant a été popularisé et aujourd’hui ce qu’on entend par art optique », avait confié le directeur de L’Artohèque, Justin Maheu, au journal de La Petite-Patrie lors de l’annonce de l’appel de candidatures.

Réel ou irréel?

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L’artiste Serge Lemonde devant sa toile « L’autruche op ». (photo : Lindsay-Anne Prévost)

« Il y a certaines expériences visuelles qu’on compte comme réelles et comme des bonnes façons de voir les choses et d’autres expériences, comme des visions imaginaires telles que des rêves et des hallucinations, qu’on a tendance à considérer comme pas aussi importantes et réelles, explique l’artiste Annie Briard. C’est quelque chose que je trouve problématique, car on vient créer toutes sortes d’idées vis-à-vis de nous-mêmes et sur la manière de créer nos sociétés. »

Pour rendre compte de cette pensée, l’artiste a capturé des images et les a reconstruites de façon numérique. Son oeuvre de trois pièces intitulée « Constructions » porte pour objectif de faire rendre compte au spectateur qu’une image peut dégager différentes perceptions selon la manière qu’on la regarde. Les spectateurs sont invités à regarder l’oeuvre avec des lunettes aux verres bleus et rouges pour que les images « donnent l’impression d’être presque plus réelles que le monde physique ordinaire ».

Le rendu est tout aussi amusant que l’oeuvre de Serge Lemonde, qui met de l’avant une autruche derrière laquelle il y a un tableau optique. Selon la façon que le spectateur se déplace, l’oiseau — choisi « pour son expression du visage » — semble sortir du cadre.

Art numérique

L'artiste Emmanuel Chieze devant son oeuvre « Révolutions ». (photo : Lindsay-Anne Prévost)

L’artiste Emmanuel Chieze devant son oeuvre « Révolutions ». (photo : Lindsay-Anne Prévost)

L’artiste Emmanuel Chieze, quant à lui, fait douter du réel en jouant sur le processus de création. Son oeuvre met en valeur la lumière qui passe au travers de différentes formes de verre. Le rendu porte le spectateur à confusion sur le médium utilisé.

« Ce qui m’intéresse c’est l’abstraction photographique, les liens possibles avec la peinture et les techniques d’impression. […] Je joue avec les paramètres de la photographie de manière à cacher le processus, car ce qui m’intéresse c’est le résultat », explique-t-il.

L’organisme à but non lucratif La Grande Chasse a également collaboré à l’exposition en mettant de l’avant une oeuvre interactive où la présence humaine se jumèle au numérique.

Que ce soit par la peinture, la photographie ou le numérique, le spectateur verra dans tous les cas que la réalité est parfois fort déséquilibrante.

L’Artothèque est située au 5720, rue Saint-André. Elle possède une bibliothèque de plus de 3000 oeuvres disponibles en location.

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